Fabian Culot

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Province de Liège

Liège Métropole…en 2037 !

Chers collègues,

Je suis heureux de prendre la parole pour la première fois devant le nouveau conseil de Liège Métropole.

Le projet de budget de l’exercice 2037 que notre conseil s’apprête à voter me réjouit à de nombreux égards.

Depuis plus de vingt ans à présent, l’ensemble des forces politiques démocratiques de notre métropole a travaillé sans relâche à la construction d’une nouvelle démocratie locale, d’un nouveau projet de Ville-région, d’une nouvelle ambition au cœur de l’Europe.

La Belgique a elle-même beaucoup évolué. Avec la suppression des Communautés et la consécration de quatre Régions, nous avons atteint un équilibre institutionnel qui parait aujourd’hui satisfaire chacun, en témoigne d’ailleurs le score des partis nationalistes et indépendantistes qui a été historiquement bas à l’occasion des dernières élections.

Comme vous le savez, le Conseil de Liège Métropole a cette particularité qu’il rassemble des élus en provenance de deux Régions distinctes, dès lors que se réunissent dans cette assemblée tant des représentants provenant de communes de la Région wallonne, que de représentants provenant des communes de la Région germanophone.

Notre conseil métropolitain est donc devenu le cœur de la supracommunalité métropolitaine liégeoise, avec ses conseillers qui proviennent des 54 communes qui composent notre métropole.

Depuis la dernière fusion des communes en effet, le nombre de celles-ci est passé de 84 à 54, ce qui a permis de rationaliser les dépenses, d’optimaliser le fonctionnement des administrations et de répartir plus facilement sur le territoire métropolitain les différents services et infrastructures de service public.

Composé dorénavant pour moitié de représentants désignés par les conseils communaux et pour autre moitié d’élus directs au départ d’une circonscription électorale métropolitiaine unique, plus personne n’oserait aujourd’hui remettre en question la légitimité démocratique de notre conseil métropolitain.

Cette légitimité est d’autant plus forte qu’à l’occasion de certains débats d’intérêt majeur pour l’avenir de notre Métropole, la population est invitée à directement pouvoir s’exprimer au travers d’un vote qu’elle émet de manière électronique, véritable concrétisation d’un système de démocratie participative sécurisé.

La législation relative au cumul des mandats interdisant toujours à un élu du conseil métropolitain de siéger dans une assemblée parlementaire régionale ou fédérale, certains d’entre nous ont renoncé à se présenter encore aux élections législatives régionales et fédérales, préférant siéger au sein de cette assemblée et se consacrer pleinement au développement de Liège Métropole.

Quant à l’ancien cadre associatif de concertation, il a aujourd’hui totalement pu être intégré et remplacé par les organes de Liège Métropole.

Le mois prochain, nous aurons d’ailleurs l’occasion d’échanger nos expériences en la matière à l’occasion de la réunion trimestrielle du conseil de l’Euregio, rassemblant les conseils métropolitains de Liège, Maastricht, Hasselt et Aachen.

*

Mais revenons-en au projet de budget de l’exercice 2037.

Depuis la dernière réforme de la fiscalité locale et métropolitaine, nos ressources sont essentiellement composées :

- Des centimes additionnels au précompte immobilier, calculés sur la base de la révision du revenu cadastral imposée par le parlement wallon aux communes. On avait plus connu pareille révision depuis 1975 !;
- De la dotation régionale aux actions métropolitaines ;
- De la dotation européenne au développement métropolitain eurégional.
- De la taxe provinciale sur l’empreinte environnementale ;
- Et enfin des dividendes en provenance des organismes d’intérêt public métropolitains.

Si les centimes additionnels et les dotations régionales et européennes constituent des sources de financement bien connues depuis plusieurs dizaines d’années, les deux dernières ressources sont plus récentes.

A ses débuts, la taxe provinciale sur l’empreinte environnementale – l’ancienne taxe communale relative aux déchets – n’a pas fait l’unanimité. Ses initiateurs ont été décriés, accusés de vouloir porter atteinte à l’autonomie communale. Mais progressivement, elle s’est imposée et elle a contribué à créer l’appartenance à une même métropole, et la participation à une même avancée vers davantage de responsabilisation et de respect en matière d’environnement.

Liège Métropole s’est quant à elle adaptée aux différentes réalités de consommation et de production de déchets rencontrées sur son territoire. C’est ainsi que la première taxe aux composantes librement choisies par chaque famille vivant dans la métropole a pu voir le jour.

Grâce à un accès numérique personnalisé, chaque citoyen peut modaliser la taxe dont il devra s’acquitter en fonction de ses habitudes de consommation et de production de déchets. Le système de taxation ainsi créé allie les vertus de la centralisation, de l’égalité de traitement, de la responsabilisation individuelle et de la liberté dans les choix et habitudes de consommation.

Quant aux organismes d’intérêt public métropolitains, ils ont connu une grande réforme suite au rachat par Liège Métropole des différentes parts détenues par les communes dans les anciennes intercommunales.

Sept organismes d’intérêt public ont ainsi pu voir le jour :
- Liège Métropole Energie ;
- Liège Métropole Santé ;
- Liège métropole Environnement ;
- Liège Métropole Economie, Industrie et e-Développement ;
- Liège Métropole Mobilité ;
- Liège Métropole Sécurité ;
- Liège Métropole Tourisme et Loisirs.

Si les bénéfices générés par chacun de ces OIP sont prioritairement consacrés aux investissements à réaliser dans chacune de leur sphère de compétences, une décision est adoptée chaque année quant à l’octroi à Liège Métropole de dividendes, lesquels sont ensuite consacrés à la réalisation de projets à vocation métropolitaine, le cas échéant en partenariat avec des investisseurs privés.

*

Le budget 2037 concrétise aussi de grandes évolutions dans le domaine des dépenses.

Deux exemples le démontrent.

Tout d’abord l’enseignement, qui a totalement été réformé. Depuis la suppression des Communautés et le transfert de l’enseignement général vers les Régions, les métropoles wallonnes ont été chargées d’organiser l’enseignement des TIICC, les technologies de l’industrie, de l’information, de la communication et du commerce. Le second choix qu’était souvent l’enseignement technique et professionnel est aujourd’hui tout à fait dernière nous, l’enseignement des TIICC recueillant un succès sans cesse grandissant, et le taux d’échec ayant diminué de manière extraordinaire ces dernières années.

Autre exemple la santé. Depuis la suppression du service des cars après 20 années au cours desquelles ceux-ci ont sillonné nos routes avec l’action Tip-Top – qui a été au demeurant un formidable succès – ils ont définitivement été rangés au garage. C’est dorénavant depuis un centre opérationnel centralisé que toute l’équipe des professionnels de la santé de Liège Métropole se met à la disposition des citoyens. Grâce à un accès numérique personnalisé et la diffusion d’un matériel médical « smart » d’aide au diagnostic au sein de chaque habitation, des conseils personnalisés peuvent être prodigués sans plus avoir besoin de se déplacer.

Liège Métropole est par ailleurs devenu un acteur majeur en matière de mobilité, et ce au travers de l’OIP Liège Métropole Mobilité que je citais il y a un instant.

Propriétaire d’une cinquantaine de navettes fluviales rapides, opérateur du réseau de tram liégeois – dont la ligne 4 va bientôt être inaugurée – et coordinateur du Réseau ferroviaire express liégeois, Liège Métropole Mobilité a véritablement révolutionné la mobilité sur le territoire métropolitain, faisant pleinement entrer nos villes et communes dans l’ère des « Smart cities » et de la mobilité partagée.
Tous ces projets ont nécessité des investissements colossaux, certains sur fonds publics, d’autres dans le cadre de partenariats publics-privés.

Grâce à l’évolution des directives européennes définissant le cadre des marchés publics et le travail de coordination de Liège Métropole, des cahiers des charges améliorés ont pu venir encadrer l’attribution des marchés publics. Le dumping social et l’évasion fiscale autrefois habilement exercés par certains adjudicataires commencent à être un lointain souvenir, et nos entrepreneurs et nos ouvriers ont peu à peu repris leur place de constructeurs de nos cadres de vie.

***

Chers collègues,

Je me réjouis d’être en 2037.

Je sais que les quelques propos que je viens de tenir ont de quoi secouer. Oserais-je même dire que j’espère bien qu’ils vous ont secoués. Il n’y a d’ailleurs vraiment aucun grand projet qui ne soit vraiment grand s’il ne bouscule pas les habitudes, renverse les certitudes, dévie les lignes qui paraissaient tracées.

J’irais jusqu’à dire que certaines de mes réflexions me bousculent moi-même. Car je n’ai aucune certitude de détenir aucune vérité, sinon la certitude que nous devons changer, la conviction que notre modèle démocratique – et celui de la démocratie locale qui nous occupe plus particulièrement ici – ne peut pas simplement se contenter d’évoluer, mais qu’il doit au contraire être repensé.

On part sans doute rarement d’une page blanche quand on rédige un programme politique. Mais à trop s’encombrer de toutes les pages écrites par le passé, on oublie certainement trop que faire de la politique ne se résume pas à gérer l’instant présent et anticiper celui qui le suit immédiatement. C’est aussi prendre le temps de se demander si un tout autre modèle ne gagnerait pas à être imaginé.

Je me permets de lancer les réflexions ici et maintenant. Elles sont le fruit de beaucoup de temps consacré à examiner notre démocratie locale, ses forces et ses faiblesses. Elles sont aussi le fruit de l’expérience supracommunale que nous avons tous, chacun à notre niveau, dans cette assemblée.

Je mesure toutefois bien qu’il n’y a certainement aucun consensus pour adopter mon budget 2037 dès aujourd’hui, ni au sein de vos formations politiques, ni au sein de la mienne. Pour prendre une métaphore automobile, le budget que je vous ai présenté tient pour l’heure plus du concept car que du dernier modèle disponible en show-room.

Mais tout cela tombe plutôt bien, puisqu’il nous reste 20 années avant de l’adopter, ce budget 2037. 20 années pour créer Liège, métropole européenne, au départ d’une part de la Province de Liège – vous noterez que c’est la première fois ce jour que j’utilise ce mot « province » – et d’autre part de ce que l’on appelle aujourd’hui Liège Europe Métropole, le cadre associatif de concertation que nous connaissons tous bien.

En 2011 déjà, un extrait du livre de Jacques Attali « Une brève histoire de l’avenir », était lu à cette tribune à l’occasion d’un conseil provincial spécial consacré à la supracommunalité. Cet extrait je vous le rappelle :

« La Ville sera le principal lieu de vie de l’essentiel de l’humanité. Des centaines de Villes seront plus peuplées qu’une centaine de pays d’aujourd’hui. Alors que plus des deux tiers des humains y vivront, des sommes gigantesques devront être consacrées à leurs infrastructures, la Ville sera le cadre des plus importants investissements collectifs et le premier collecteur d’impôts, c’est là que se concentrera l’essentiel de l’action politique à venir et l’urbanisme y deviendra une science majeure ».

Ainsi que d’aucuns l’avaient souligné alors , ce livre est une prédiction. Une prédiction qui, si elle se réalise, nous impose des changements radicaux. Parce que les Villes, dans leur dimension actuelle, ne peuvent pas répondre à cette prédiction. Les seules Villes qui compteront en Europe, qui s’inscriront sur la carte européenne, seront les Villes qui auront réussi leur mutation avec les Communes périphériques, avec un territoire suffisant pour exprimer une ambition pour l’avenir.

L’exposé des trois préfets français auquel nous avons pu assister la semaine dernière à l’invitation du Grand Liège n’a pu que renforcer notre conviction en la matière.

Chers collègues,

Je vous disais que je me réjouissais d’être en 2037. Pour conclure, je vous dis surtout que j’espère aujourd’hui trouver parmi vous des compagnons pour parcourir cette route, ô combien longue et difficile, mais ô combien passionnante, qui nous y mènera.

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian Culot
Chef de groupe MR

La Province de Liège vient en aide aux services d’incendie

Chers collègues,

Chaque jour, plus de 1.800 pompiers volontaires et de carrière – tous travaillant de manière professionnelle comme aime à le rappeler mon ami et collègue Jean-Claude Jadot – garantissent sur le territoire provincial notre sécurité, assurent un grand nombre d’interventions d’ampleur fort heureusement souvent mineure, mais portent également parfois secours à celles et ceux qui courent de grands dangers, parfois au péril de leur propre vie.

Ces dernières années, plusieurs catastrophent majeures nous ont rappelé l’importance de disposer de services de secours de qualité, mais également les risques que nous courrions tous si ceux-ci venaient à être sous-financés de manière structurelle.

Il m’apparait dès lors tout à fait remarquable et salutaire que la 1ère action supracommunale majeure pilotée par la Province de Liège vise à soutenir les services de secours, en contribuant à leur financement et en incitant à leur meilleure organisation.

Ces dernières semaines ont été pour certains d’entre nous l’occasion de mieux connaître ces zones de secours, leur organisation et leurs besoins. Elles ont également été l’occasion d’appliquer à un dossier concret et complexe la volonté exprimée par les 4 formations politiques démocratiques actives sur le territoire provincial de développer, au travers de l’institution provinciale notamment, des politiques dites supracommunales.

Chacun a sans doute pu mesurer à cette occasion les difficultés liées à la mise en œuvre d’un tel projet, aussi noble soit-il.

J’ai ainsi été personnellement interpellé par l’incroyable diversité des coûts liés au financement des quelques 24 services de secours actifs sur le territoire provincial, ces coûts variant d’environ 20 EUR/an/habitant à 150 EUR, la moyenne provinciale étant d’environ 55 EUR.

Aussi, si une supracommunalité parfaite aurait pu conduire à la mutualisation des coûts, et à l’égalité qui en aurait découlé des cotisations des citoyens de la Province au financement des nouvelles zones de secours, il a dû être constaté qu’à ce jour la diversité était trop grande pour y parvenir et que les conditions n’étaient pas réunies.

On pourrait certes s’en émouvoir. J’avoue en avoir éprouvé l’envie. Puis au fil des discussions, au sein de mon groupe, mais aussi avec plusieurs d’entre vous et plusieurs experts du dossier, d’autres réalités se sont imposées et les choses sont apparues plus nuancées.

Je citerais notamment, et sans être exhaustif, la question de la mutualisation des recettes sous-jacente à celle de la mutualisation des coûts, ou encore la question de la prise en charge, demain, par tous, des conséquences d’une gestion qui a pu paraître quelque peu chaotique de certains services de secours par quelques-uns hier.

Si ces questions, comme d’autres, ne peuvent certainement pas être aujourd’hui traitées de manière manichéenne, j’ai en tout cas la certitude que le dossier des zones de secours nous aura rappelé avec force ô combien la supracommunalité provinciale parfaite demandera encore du temps et du travail.

Vous savez tous à cet égard les questions que je me pose quant au rôle et à la place du Conseil provincial dans la construction institutionnelle de la supracommunalité. Je sais que mon propos à ce sujet est écouté avec réserves, quand il n’agace pas. Mais qu’il me soit permis de l’éclairer brièvement à l’occasion de l’examen du dossier qui retient aujourd’hui notre attention.

Car ce dossier met très bien en lumière le difficile équilibre que nous devons trouver entre la recherche, d’une part, d’un intérêt général provincial, et la nécessaire sauvegarde, d’autre part, de la diversité des intérêts locaux.

C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de la confrontation de ces intérêts parfois divergents mais très certainement pour bon nombre louables de part et d’autre, je crois que si Liège Europe Métropole peut devenir la chambre du débat relatif à la diversité des intérêts et besoins locaux, nous devrions faire en sorte que la Province de Liège, tant au niveau du collège que du conseil, puisse incarner la chambre du débat relatif aux intérêts et besoins provinciaux – au sens général et non institutionnel du terme – cette recherche d’un double intérêt nous garantissant, à mes yeux, d’aboutir à une supracommunalité aboutie et équilibrée.

C’est en tout cas à ce jour en pleine conscience de la diversité des intérêts en présence, qu’au nom du groupe MR je me réjouis de l’accord intervenu sur le dossier des zones de secours, et qui nous conduit notamment à devoir nous prononcer sur le projet de règlement qui nous est proposé.

Ce règlement, c’est un bon règlement à tout le moins pour trois raisons.

Tout d’abord, il concrétise la 1ère grande action supracommunale et consacre le lien qui unit communes et Province.

Ensuite, il offre à chaque commune une possibilité égale d’être aidée, dans le cadre d’une démarche transparente et positive.

Enfin, et surtout, il associe l’octroi d’une aide financière directe et immédiate à la condition d’accepter de participer à une réflexion plus générale, qui sera menée dans le cadre d’une étude indépendante, et qui devra permettre, dans quelques mois à peine, d’être parfaitement informé sur les possibilités qui s’offriront aux uns et aux autres d’optimaliser la gestion de leur zone, en réduisant peut-être certains coûts, en coopérant peut-être davantage, et au final en offrant aux citoyens des services de secours dotés d’un personnel motivé et d’un matériel suffisant et de qualité, le tout à un prix juste et équitablement réparti.

Chers collègues, il est de l’intérêt de chaque commune et de chaque zone de secours que cette étude puisse être menée rapidement, mais avec objectivité, exhaustivité et efficacité.

J’invite à cet égard le bureau d’étude qui sera retenu à agir en parfaite indépendance, à tracer naturellement les pistes à suivre pour des gestions demain plus professionnelles et moins coûteuses, mais en omettant nullement les particularités locales, et ce qui a notamment permis aux plus petites de nos zones d’évoluer jusqu’à l’heure actuelle avec des coûts réduits, pour des performances pourtant jamais démenties. Avec notamment mon collègue Jean-Luc Nix, que je sais très sensible à cette question, je vise ici en particulier la place qu’occupent aujourd’hui les pompiers volontaires. Composant 2/3 du corps total des pompiers en Province de Liège, aucune réforme ne pourra être concrétisée si les particularités de leur situation ne sont pas correctement appréhendées et qu’une place spécifique ne leur est pas réservée.

Chers collègues, l’ordre du jour de notre conseil ne nous invite pas toujours à nous prononcer sur un dossier aussi important que celui sur lequel nous sommes invités à nous prononcer aujourd’hui, importance tant par ses implications immédiates que par les perspectives qu’il offre pour demain, parce que la route est longue et que le processus engagé a besoin d’étapes.

C’est pourquoi, au regard du très important travail de concertation et de négociation qui a été réalisé ces derniers mois – et pour lequel je remercie les différents protagonistes – au regard des besoins criants qui sont ceux de nos zones de secours et donc ceux des hommes et femmes qui y travaillent et qui prennent des risques pour garantir notre sécurité, au regard enfin de notre objectif commun qui vise l’évolution des politiques provinciales vers davantage d’aide et de soutien aux communes dans une démarche supracommunale, c’est pourquoi disais-je j’apporte naturellement le soutien du groupe MR au règlement proposé, et espère que ce soutien sera aujourd’hui largement partagé au sein de ce conseil.

Je vous remercie.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

Budget provincial 2015 : une situation saine, de nouvelles perspectives s’ouvrent…

Chers collègues,

Le sort en a voulu ainsi : il me revient cette année le plaisir d’ouvrir, et non de conclure, la série d’interventions annuelle des chefs de groupe consacrée à l’examen du budget provincial et à la note de politique générale. Que mes collègues n’imaginent toutefois pas que je serai moins attentif pour la cause à leurs interventions, qui toutes je l’espère reposeront sur les bases de la cordialité mais également de la sincérité.

Chers collègues, il n’est – par les temps qui courent – pas donné à beaucoup d’assemblées politiques représentatives la possibilité de se prononcer sur un budget en boni, où les recettes augmentent davantage que les dépenses.

La Province de Liège jouit d’une situation budgétaire et financière saine, qui lui permet non seulement de poursuivre années après années des politiques ordinaires, au sens budgétaire du terme, mais qui lui permet de surcroît de poursuivre et d’amplifier encore sa politique d’investissements extraordinaires, cette fois au sens budgétaire mais également politique du terme, le tout de surcroît avec un solde de dette à rembourser qui diminue.

Ce résultat, ce n’est pas le fruit d’une conjecture passagère, mais bien l’avantage que l’on peut aujourd’hui tirer d’une rigueur budgétaire et financière à laquelle la majorité s’est astreinte depuis de longues années et qu’il est bien dans nos intentions de poursuivre.

Ce résultat, c’est également le fruit du travail d’une administration de qualité, au sein de laquelle les services de Madame la directrice générale provinciale et de Monsieur le directeur financier provincial travaillent avec compétence et rigueur, et je tiens ici à les en remercier sincèrement.

Sans la situation budgétaire et financière saine dont je parlais, la majorité provinciale ne pourrait en particulier pas programmer comme elle le fait d’importants investissements extraordinaires qui sortiront bien de terre d’ici à la fin de la législature.

Ces investissements, répartis sur l’ensemble du territoire provincial, contribuent non seulement à l’amélioration de notre institution et des services qu’elle rend à la population, mais ils participent également, dès leur mise en chantier, au redressement économique du territoire provincial, dont on ne peut pas méconnaître les difficultés qu’il rencontre sur les plans économique, social, environnemental et culturel.

Ainsi par exemple, implantées en plein cœur d’une Ville sinistrée par la désertion de l’activité sidérurgique, les différentes phases de la construction de la maison de la formation à Seraing apportent à cette ville – que nous sommes quelques-uns dans cette assemblée à bien connaître – une plus-value urbanistique incontestable, une offre de formation bien utile, et une concentration d’emplois bien nécessaire. De la même manière, la rénovation d’importantes infrastructures scolaires dans chacun de nos trois arrondissements améliorera encore notre offre de formation, tandis que les politiques sociales, de la santé, de la culture et des sports ne sont pas en reste, avec les différents investissements programmés que vous connaissez.

A Bavière, Verviers, ou encore Huy-Waremme, les investissements immobiliers consacrés par la Province de Liège participent de manière incontestable à la dynamisation du tissu économique et social local. La Province est là, et si elle n’y était pas, on peut légitimement se demander qui d’autre y serait…

*

L’argent ne tombe toutefois jamais du ciel, et si tous ces investissements apparaissent impossibles, ainsi que je viens de le rappeler, sans la rigueur de la gestion provinciale tout au long de ces dernières années, ces investissements sont tout autant dus à la contribution des citoyens qui peuplent le territoire provincial, ainsi qu’à la solidarité régionale, fédérale et même européenne.
La bonne tenue de notre budget ne peut dès lors nous permettre le moindre écart et le moindre relâchement des efforts de bonne gouvernance et de saine gestion qui, aujourd’hui plus que jamais, doivent animer les responsables politiques.

Cet objectif de saine gestion, le groupe MR entend l’atteindre en veillant à tout le moins au respect de trois axes : le choix des compétences à exercer, la maîtrise des dépenses et la juste fiscalité.

1. S’agissant tout d’abord du choix des compétences

Notre conseil en a longuement débattu au terme de la législature précédente, et à l’unanimité je le rappelle, s’est accordé sur le développement de 5 axes de compétences : le développement scolaire et professionnel, le développement culturel et sportif, la prévention de la santé et l’action sociale, le développement territorial durable et enfin, la supracommunalité et le soutien aux communes.

Le groupe MR n’entend pas que le débat sur ces axes prioritaires soit aujourd’hui relancé, alors qu’il commence à peine à se concrétiser avec notamment l’abandon au profit de la Région des compétences de logement ou de voirie.

San doute, ainsi que l’ont relevé Messieurs José SPITS et Marc HODY, la déclaration de politique régionale contient-elle des passages ambigus sur la volonté exacte du gouvernement wallon quant à l’attribution des compétences provinciales, notamment en matière de logement. Mais jusqu’à preuve du contraire, la Province de Liège a exprimé ses choix et entend s’y tenir, et je ne peux que rejoindre Madame la députée Katty FIRQUET lorsqu’elle nous indiquait hier qu’il n’était pas question à ses yeux de faire rentrer par la fenêtre des compétences que sont sorties par la porte, poussées d’ailleurs par la volonté wallonne.

2. S’agissant ensuite de la maîtrise des dépenses

Il ne nous est pas permis de dépenser sans compter. Chaque subvention doit faire l’objet d’un examen attentif, et les priorités données dans les 5 axes de compétences précités doivent naturellement guider les actions à soutenir.

Quant aux dépenses de personnel, je rappellerais d’abord sans flagornerie que le personnel est d’abord une richesse davantage qu’une charge. Mais dans la mesure où ce poste représente 66,54 % de nos dépenses ordinaires, défendre le personnel c’est aussi veiller à la maîtrise des dépenses qui le concernent. Aussi le projet ENVOL, entamé sous la précédente législature, doit être poursuivi et la modernisation des infrastructures et l’informatisation accentuées. Enfin, la répartition du travail entre les membres du personnel provincial gagnera sans doute encore, ça et là, à être optimisée.

3. S’agissant de la fiscalité

Ainsi que je le disais déjà l’année dernière, le niveau de la fiscalité provinciale doit faire l’objet d’un monitoring constant, et l’objectif poursuivi demeure celui d’une fiscalité modérée, qui dès que la situation économique le permettra devra reprendre le processus de diminution engagé par l’actuelle majorité.

**

Chers collègues, permettez-moi encore d’aborder deux questions, à savoir tout d’abord naturellement la supracommunalité provinciale, avant d’en terminer par un mot sur ce que j’appellerais le cadre politique provincial et les relations – politiques s’entend – que nous pouvons y entretenir.

*

La supracommunalité est au cœur de la déclaration de politique générale déposée par la majorité, et plus généralement même rassemble je le pense – ou l’espère – l’ensemble des groupes politiques démocratiques de cette assemblée.

Il est un fait à présent très certainement acquis que, pour l’heure, cette supracommunalité est « multi-céphale », étant composée des conférences des bourgmestres, de Liège Europe Métropole et de notre Province.

Dans ce schéma complexe, fait d’équilibres politiques et supralocaux, chacun doit prendre ses marques et trouver sa place.
Il me parait que les rôles des conférences des bourgmestres, de Liège Europe Métropole et du Collège provincial commencent peu à peu à se dessiner, et que des projets concrets pourront être présentés dans les prochaines semaines.

J’avoue et je répète que dans ce schéma, le conseil provincial doit quant à lui encore trouver sa place.

Comme je l’évoquais déjà l’année dernière, diminuer le nombre de conseillers provinciaux sans réfléchir au mode de composition du conseil ou à son rôle, c’était et cela reste cosmétique. Car la démocratie a besoin de débats comme de pain, et depuis l’antiquité grecque, c’est sur l’Agora, la place publique, que le débat démocratique se tient.

Je suis et je reste donc convaincu qu’il n’y aura pas de supracommunalité concrète et pérenne s’il n’y a pas d’assemblée publique délibérante.

Aussi, si je ne souhaite évidemment en rien complexifier davantage un débat supracommunal qui l’est déjà suffisamment à ce jour, je me permets de lancer un appel à toutes celles et ceux qui voudraient avec le groupe MR et moi réfléchir à la place du conseil provincial dans ce débat supracommunal, à poursuivre ensemble la réflexion dans un cadre que l’on pourrait convenir.

*

Chers collègues, comme annoncé, je ne terminerais pas cette intervention annuelle sans me réjouir, au fond, de la bonne qualité des relations politiques qui unissent nos différentes formations politiques démocratiques non seulement au sein de ce conseil, mais plus généralement en Province de Liège.

Les conséquences liées aux dernières élections fédérales et régionales ont été aussi surprenantes que parfois violentes. Elles s’imposent naturellement à nous, et chacun est en droit d’en penser ce qu’il veut.

Je pense toutefois que ces événements s’inscrivent dans une logique institutionnelle où le lien entre les autorités régionales et fédérales s’est quelque peu fragilisé, et si l’on mesure sans doute encore difficilement les conséquences exactes de cette fragilisation, nous pouvons déjà être certains que les signaux qui seront donnés à l’avenir par les pouvoirs locaux seront déterminants, sans doute plus audibles qu’avant, et qu’ils serviront le cas échéant même parfois à jouer les arbitres.

Aussi la responsabilité qui pèse sur nous est grande. La Province de Liège ne sortira renforcée de la situation politique actuelle qu’à la condition de se montrer digne, pacifiée et unie. Cela ne veut pas dire que nous ne devons plus débattre, vous me connaissez trop pour savoir que j’aime trop ça, mais cela veut dire en tout cas que celle ou celui qui voudrait porter ici des combats menés là-bas prendrait la responsabilité de fragiliser la défense des intérêts liégeois, et ce au plus grand dam de celles et ceux que nous représentons.

Liège vaut mieux que cela.

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

Intervention du groupe MR sur le budget provincial 2014

Chers collègues,

Il me revient donc à nouveau la charge de conclure les interventions des différents groupes politiques sur le budget 2014 et la note de politique générale.
Belle occasion sans doute d’oser quelques incisives, puisqu’il est incontestable que c’est bien là la meilleure manière de conserver l’attention d’un public qui a déjà beaucoup donné…
Chers collègues, cette année comme l’année dernière, c’est au nom d’un groupe politique de pas moins de 17 membres que je m’adresse à vous. 17 membres pugnaces, avec de la suite dans les idées, qu’il s’agisse de veiller au développement économique de notre Province, de suivre et d’affronter les chaleureuses actualités intercommunales, de veiller à la subsistance des politiques sociales notamment en matière de logement, de défendre les droits de nos compatriotes germanophones, ou encore de veiller au bien-être des castors ou du moins de leurs chasseurs… Et – et tous les chefs de groupe n’ont pas le loisir d’en dire autant – il s’agit là des 17 mêmes membres que l’année dernière… Je ne sais pas ce qu’en dirait Jean de la Fontaine, que vous avez beaucoup cité Monsieur Drion, mais en tout cas Stromae, lui, dirait « OutaiJeanineoutai »…

**

Chers collègues plus sérieusement, et sans transition, notre Province recevait il y a deux semaines à peine et dans cette même salle, le Roi et la Reine.
Comme plusieurs d’entre vous sans doute, je n’avais jamais assisté à pareil événement et je me suis interrogé sur ce qu’il fallait en penser. Ainsi, j’ai relevé que la tradition des joyeuses entrées n’avait pas manqué d’apparaître comme étant quelque peu anachronique aux yeux de certains observateurs. Mais paradoxalement, la population ne s’en plaint guère, et que nos concitoyens aient participé à l’événement ou non, les conversations qui sont nées à l’occasion de cet événement ont révélé dans leur grande majorité l’attachement que la population porte sans aucun doute aux personnes du Roi et de la Reine, mais par-là plus fondamentalement encore à l’Etat et aux institutions qui le représentent.
Les soubresauts que nous avons connus consécutivement aux dernières élections fédérales et les craintes qui s’en sont suivies quant à la survie même de l’Etat belge n’ont donc pas encore pu avoir raison de l’institution qui constitue le socle même de notre Constitution : la monarchie.

Chers collègues, il n’est pas dans mon intention de vous livrer à titre d’intervention politique un condensé de la revue Gala. Mon propos n’est pas là. Il m’apparait au contraire important de relever qu’en Belgique comme partout ailleurs au monde, il ne faut jamais sous-estimer le sentiment d’appartenance qu’une population nourrit à l’égard de la patrie dans laquelle elle a grandi. Ce sentiment d’appartenance est, je l’avoue, un phénomène qui me fascine et que j’ai eu l’occasion d’étudier et d’exposer en d’autres circonstances, mais curieusement en ce même lieu. J’ai pu ainsi découvrir et lire avec intérêt Ernest Renan, philosophe et homme politique français de la fin du 19ème siècle, auteur d’une définition de référence de la Nation que je me permets de vous livrer : « Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue ou d’appartenir au même groupe ethnographique, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ».

Chers collègues, nous ne sommes plus au 19ème siècle, et je me sens bien plus proche du concept de Patrie que de celui de Nation. Mais nous ne venons pas de nulle part, et les meilleurs choix politiques sont très certainement ceux qui se posent sur la base d’une bonne connaissance du passé et d’une réelle vision d’un avenir qui ne peut s’arrêter au lendemain. La Province de Liège n’incarne ou ne représente ni la monarchie, ni la nation ou la patrie belge, mais pour autant que je sache, avec les autres Provinces de ce pays, elle partage la même histoire et la même longévité. Dès lors qu’il s’agisse de débattre de l’avenir de nos institutions tant sur le plan national que sur le plan local ou provincial, il faut toujours garder à l’esprit que les prédictions des avant-gardistes d’un jour sont parfois rangées, dès le lendemain et parfois pour longtemps, au rayon des meilleures fausses bonnes idées…

L’avenir des Provinces, on en a déjà beaucoup discuté. Mon intention n’est donc pas de répéter des positions qui ont déjà été exprimées. Mais les choses évoluent toutefois, et au regard du chemin supracommunal que nous avons décidé d’emprunter, il me parait importer que nous puissions aujourd’hui nous poser les bonnes questions, pour savoir précisément ensuite vers où nous souhaitons aller.

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Je souhaite à cet égard formuler deux mises en garde : l’une à l’attention de ceux qui ne croient plus du tout dans l’institution provinciale, l’autre à l’attention de ceux qui par contre seraient tentés de mal se servir d’elle.

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En période de crise, quand les difficultés financières frappent tant la population que les pouvoirs publics, proposer la suppression d’une institution sonne plutôt bien, nous le savons tous. Mais ainsi que je viens de vous l’exposer en vous évoquant les nations et le sentiment d’appartenance qu’elles font naître, je crois qu’il y a en politique peu de choses aussi difficiles que de supprimer des institutions. Car si les lois, les décrets et même la Constitution se modifient, les sentiments d’appartenance, eux, ne se décrètent ni ne s’abrogent par des textes. Or – et j’en suis chaque jour davantage convaincu – il existe un sentiment populaire – j’ose le mot – d’appartenance à un ensemble plus grand que la commune et plus petit que la Région. Ce sentiment existe partout en Belgique, mais très certainement en particulier, ici, en Principauté de Liège.

Et que l’on se persuade bien que c’est là un atout majeur, une chance qu’il faut pouvoir saisir.

Car sauf à estimer que des propos auraient été formulés pour les besoins de la cause, il m’a bien semblé entendre de chacun des groupes démocratiques de cette assemblée, notamment à l’occasion de notre dernière séance thématique consacrée à la supracommunalité, et à l’énergie en particulier, que l’avenir de Liège ne se concevait qu’à la taille d’une métropole européenne. Et Liège métropole européenne, ce n’est ni la Région wallonne, ni la Ville de Liège.

A ceux qui estiment dès lors que l’échelon provincial est aujourd’hui obsolète, je demande s’ils estiment aussi pouvoir se passer de l’échelle métropolitaine ? Car si seule l’évocation du terme provincial vous met mal à l’aise, nous pouvons nous accorder sur une réforme du vocabulaire, plutôt que de la Constitution. Paris vaut bien une messe.
A ceux qui ne croient plus en nous, je demande donc de bien vouloir réfléchir à la conséquence sur la construction du grand Liège que nous voulons, de la disparition du seul organe politique qui aujourd’hui rassemble des représentants d’un territoire que l’on travaille précisément à transformer en un ensemble cohérent et structuré, particulièrement sur les plans du développement économique et de la mobilité.

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Ma seconde mise en garde s’adresse par contre à ceux qui, défenseurs invétérés de l’outil provincial, pourraient par leur emportement finir par oublier quels sont les éléments constitutifs de base d’un organe politique.

Ainsi que je viens de vous le dire, je suis avec le groupe MR dans son ensemble convaincu de la nécessité d’agir à l’échelle métropolitaine supracommunale.
Dans ce cadre, nous sommes bien entendu heureux de pouvoir participer à la mise sur pied de la coordination provinciale des pouvoirs locaux, et nous nous réjouissons de pouvoir mesurer les premières réalisations qui en sortiront.

Mais je ne peux aussi vous cacher une inextricable inquiétude. La réforme wallonne de l’institution provinciale est une réforme ratée, il faut oser le dire. Diminuer le nombre de conseillers provinciaux sans réfléchir au mode de composition du conseil ou à son rôle, c’est cosmétique. Cela accroche peut-être une fausse plume à un chapeau ministériel, mais au fond cela ne doit faire rire personne. Car la démocratie a besoin de débats comme de pain, et depuis l’antiquité grecque, c’est sur l’Agora, la place publique, que le débat démocratique se tient.

Dès lors qu’il nous revient aujourd’hui de construire une supracommunalité avec des recettes locales, faute d’avoir pu compter sur l’ingéniosité wallonne, nous devons veiller, avec les moyens du bord, à construire une supracommunalité efficace, mais transparente. Il ne peut être question de sortir du débat public tous les enjeux relatifs aux politiques supracommunales, sous peine de charger une marmite qui finira par exploser. Au fond, il s’agit aujourd’hui d’éviter de tomber dans le piège qui nous a été dressé par les partisans du « Tout à la Région ». Car ils nous ont poussés, et c’est fort bien, à démontrer la vocation métropolitaine de Liège – et nous avons gagné ce débat ! – mais ils ont aussi incidemment conduit à faire rentrer dans les esprits cette idée sournoise et dangereuse selon laquelle, chers Collègues, nous ne serions pas des élus responsables, et qu’au fond nous serions même tout à fait inutiles.

Or il n’y aura pas de supracommunalité concrète s’il n’y a pas d’assemblée publique délibérante. Ne l’oublions jamais.

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Chers collègues, après un budget provincial 2013 de transition, le budget 2014 est solidement ancré sur les rails posés par la majorité provinciale, et le groupe MR s’en félicite.
Si l’heure n’est pas à l’euphorie au regard de la situation économique qui demeure préoccupante, la bonne gestion provinciale va permettre dès cette année d’engager des investissements substantiels sur l’ensemble du territoire provincial tout en préservant la population de toute hausse de la fiscalité. Le groupe MR entend dès lors bien poursuivre cette politique responsable et efficace, qui s’est traduite notamment, sur le plan de la fiscalité, par la suppression de 19 taxes depuis la mise en place de l’actuelle majorité. La hausse des centimes additionnels au précompte immobilier décidée l’année dernière doit donc être replacée dans ce cadre, tout en soulignant que les moyens complémentaires qu’elle a permis d’apporter vont être directement réinvestis dans l’économie provinciale, au travers d’investissements conséquents, que peu de pouvoirs publics ont d’ailleurs aujourd’hui la capacité de pouvoir engager. Le niveau de la fiscalité provinciale fait par ailleurs l’objet d’un monitoring constant, et l’objectif poursuivi demeure celui d’une fiscalité modérée, qui dès que la situation économique le permettra devra reprendre le processus de diminution engagé par l’actuelle majorité.

Au-delà de la maîtrise de la fiscalité, grâce notamment à la diminution sensible de la charge de la dette, à la constitution de réserves au cours des exercices antérieures et à l’équilibre de notre trésorerie, nous sommes aujourd’hui armés pour mener à bien les politiques sur lesquelles la majorité s’est engagée pour la législature 2012-2018.

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Je voudrais à cet égard épingler quelques actions qui nous tiennent à cœur, et qui permettront également de donner écho aux échanges intervenus ces trois derniers jours.
L’action sociale tout d’abord. Il n’y a, Messieurs Rassa et Bergen, pire sourd que celui qui ne veut entendre.

J’ai admiré hier la pondération et les propos circonstanciés apportés par le député provincial président en réponse à vos interpellations sur la sidérurgie et la cristallerie du Val-Saint-Lambert. J’avoue que je n’aurais personnellement sans doute pas gardé la même mesure. Non pas que je ne partage votre émotion. Je la partage entièrement, et sans doute de manière bien plus sincère et désintéressée.

Le groupe libéral qui siège dans cette assemblée est un groupe qui a les pieds sur terre. Nos familles, nos amis, nos militants, et bien entendu nous-mêmes ne vivons pas dans le monde des Bisounours. Vous n’avez pas le monopole de l’indignation : vous avez celui du spectacle.

Car si je vous respecte sincèrement et si j’accepte volontiers de débattre avec vous, je dois bien constater que si vous estimez que je parle pour ne rien dire, je constate manifestement que vous parlez pour ne rien faire, rien proposer, rien construire ! Vos excès et vos outrances servent sans doute bien votre cause, mais j’ai suffisamment foi en l’intelligence humaine pour me convaincre que tout excès finit toujours par devoir être payé.

L’action sociale de la Province, elle, n’est pas outrancière. Souvent dans l’indifférence générale mais avec efficacité et des moyens certainement trop limités mais qu’il a fallu trouver, Katty Firquet travaille inlassablement, comme plusieurs autres libéraux avant elle, au soutien du secteur associatif, à l’aide aux jeunes en difficulté, à la lutte contre le suicide, l’exclusion, les violences intrafamiliales, ou encore à la promotion du talent des personnes handicapées.

La Province attache donc une grande importance à son action sociale et cela n’est pas prêt de changer.

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L’enseignement et la formation sont également pour nous des priorités absolues. Elles ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’action sociale, dont elles constituent le meilleur allié.
Au travers du personnel de l’enseignement provincial à qui je rends ici hommage, ainsi que par le biais des très nombreux investissements immobiliers qui vont être réalisés dès cette année, la formation de nos élèves, étudiants et diplômés se trouvera à nouveau améliorée en Province de Liège, y compris au bénéfice de secteurs confrontés à l’insuffisance des moyens accordés par d’autres niveaux de pouvoir, comme les services de pompiers et de sécurité civile.

En matière de santé, sans doute les efforts de Georges Pire auront-ils été récompensés, dès lors que nous n’avons plus entendu de critiques à l’égard d’un des autres instruments de la politique sociale de la Province, les cars de dépistage, à moins que cela ne soit l’effet de la restructuration permanente de la composition du groupe cdh de cette assemblée…
Quoi qu’il en soit, c’est avec détermination que nous poursuivrons la mise à la disposition du plus grand nombre d’outils permettant une réelle politique de prévention en matière de santé.

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Quant à la culture, je tiens tout d’abord à rendre ici hommage à Paul-Emile Mottard. Le groupe MR lui adresse son entier soutien et ses vœux de prompt rétablissement.
La culture transcende manifestement aujourd’hui tous les secteurs de notre société. Fondée sur les valeurs universelles, elle est appelée de plus en plus à devenir un vecteur d’éducation et d’émancipation. Dans un contexte de crise et de développement des extrêmes, la culture doit donc contribuer à la réflexion individuelle et à l’esprit critique. Qu’il s’agisse de nos artistes plasticiens, de nos musiciens ou acteurs, des institutions culturelles comme le Nouveau Théâtre de Liège, ou des Territoires de la Mémoire avec l’ouverture prochaine de la Cité Miroir, tous sont appelés à défendre et promouvoir une conception libre et ouverte de la culture, indépendamment de tout lobby et résistant avec force aux extrémismes de tous bords.

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Chers collègues, notre Province ne représenterait pas grand-chose si elle était privée du potentiel constitué par ses ressources humaines. Je tiens à cet égard à remercier l’ensemble du personnel provincial pour le travail effectué, notamment dans le cadre de la confection du budget 2014. Si le monde ne s’arrêterait pas de tourner si nous devions perdre encore quelques conseillers provinciaux, le plus farouche opposant à notre institution réfléchirait sans doute plutôt deux fois qu’une avant de se passer de l’administration provinciale.
Cette administration doit toutefois elle aussi évoluer et s’inscrire pleinement dans son temps. Il reste très certainement à cet égard des efforts à accomplir en matière de réorganisation des services, d’utilisation optimale de toutes les compétences et bonnes volontés présentes et de gestion des ressources dans une perspective dynamique et stimulante pour les agents. L’efficacité de l’administration est la meilleure garantie pour son maintien et son développement.

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Chers collègues, la dernière action provinciale que j’épingle est naturellement celle de la supracommunalité, à laquelle j’associe volontairement l’indispensable politique de développement économique. Les projets qui vont être mis en œuvre vont dessiner la métropole liégeoise que j’évoquais tout à l’heure. Aves notre administration provinciale, avec la SPI et toutes les autres intercommunales provinciales, nous avons la possibilité de faire de grandes choses, si ces choses sont faites dans l’intérêt des habitants et dans le respect d’un indispensable partenariat avec nos entreprises et nos entrepreneurs. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Les processus décisionnels vont devoir être affinés. Chacun doit trouver sa place et la démocratie locale s’exercer pleinement. Si le Conseil provincial doit être associé, comme je le disais tout à l’heure, afin de garantir la transparence des débats, la nécessaire efficacité du processus dans lequel nous nous engageons impose aussi de tenir compte des réalités politiques locales, de l’importance et du poids des communes et de la nécessité d’arriver à des décisions faisant l’objet du consensus le plus large possible entre nos différentes familles politiques.

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Chers collègues, la Province de Liège est une province magnifique, pleine de potentiel et de ressources. Cœur de l’Europe, nous avons tout intérêt à développer encore les échanges au sein de l’Euregio Meuse-Rhin. Nos élèves de tous réseaux doivent être incités à sortir des frontières provinciales, à apprendre les langues, et tout simplement à rencontrer et se familiariser avec d’autres traditions et d’autres développements économiques et sociaux.

Si la crise nous a parfois lourdement frappés, il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas emboiter le pas aux nouvelles perspectives de développement que connaissent des Villes comme Maastricht ou Aachen.

Cessons de pleurer sur notre sort et travaillons avec les hommes et les femmes de bonne volonté.

C’est tout ce qui compte !

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR au conseil provincial

Intervention au Conseil provincial de Liège du 28 novembre 2012 sur la déclaration de politique générale et le budget 2013

Chers Collègues,

Permettez-moi tout d’abord de dire tout le bonheur du Groupe MR et de ses 17 membres de pouvoir siéger dans cette assemblée réformée et directement élue par les citoyens habitant de la Province de Liège.

17 membres, 17 origines différentes, 17 parcours, mais une même ambition et une même foi dans la liberté de l’Homme, dans sa capacité à se former et à inventer, dans sa capacité à rebondir lorsqu’il est confronté à des difficultés.

Chers Collègues,

Des difficultés, nous n’en manquons pas.

La crise est là, partout, ou presque.

Nous sortons d’une campagne électorale où chacun d’entre nous, j’en suis convaincu, a pu mesurer les difficultés grandissantes auxquelles une part elle aussi de plus en plus grande de la population doit faire face, qu’il s’agisse dans nos villes de la crise de la sidérurgie et de l’industrie, dans nos campagnes de celle de l’agriculture, ou encore de l’augmentation des prix touchant parfois même des biens de première nécessité.

L’égalité est certes au rendez-vous, mais c’est l’égalité par le bas, l’égalité face au risque de l’échec et non pas l’égalité face au progrès, à l’émancipation.

Les 17 libéraux qui composent cette assemblée ne peuvent accepter cette situation, profondément contraire aux valeurs qui nous animent et que nous défendons.
Chers Collègues, je vais vous faire une révélation…

Je ne suis pas socialiste.

Je ne suis pas socialiste, mais je prends aujourd’hui devant vous la parole au nom d’un groupe qui assume pleinement l’accord de majorité conclu entre le PS et le MR, et qui assume plus encore la déclaration de politique générale soumise à notre appréciation.

Souvenez-vous, souvenez-vous du Conseil provincial thématique du 8 septembre 2011 consacré à la supracommunalité. Invité à intervenir à la tribune de cette assemblée, Daniel Bacquelaine nous avait dit ceci :

« La Ville sera le principal lieu de vie de l’essentiel de l’humanité. Des centaines de Villes seront plus peuplées qu’une centaine de pays d’aujourd’hui. Alors que plus des deux tiers des humains y vivront, des sommes gigantesques devront être consacrées à leurs infrastructures, la Ville sera le cadre des plus importants investissements collectifs et le premier collecteur d’impôts, c’est là que se concentrera l’essentiel de l’action politique à venir et l’urbanisme y deviendra une science majeure ».
Qui a dit cela ? C’est Jacques ATTALI, dans « Une brève histoire de l’avenir ». C’est une prédiction. C’est une prédiction qui si elle se réalise, nous impose des changements radicaux. Parce que les Villes, dans leur dimension actuelle, ne peuvent pas répondre à cette prédiction.
Les seules Villes qui compteront en Europe, qui s’inscriront sur la carte européenne, seront les Villes qui auront réussi leur mutation avec les Communes périphériques, avec un territoire suffisant pour exprimer une ambition pour l’avenir.
Il faut, me semble-t-il trois ingrédients pour réussir ce pari. Il faut une volonté politique ambitieuse, je pense qu’elle existe, il faut une réalité factuelle favorable, elle existe aussi, il faut un contexte institutionnel compatible, on doit le construire. »

Chers Collègues, si le PS et le MR ont choisi d’unir leurs forces, d’unir à nouveau leurs forces préciseront peut-être certains désespérés…, c’est parce que nous estimons que cette alliance est la meilleure qui soit pour construire le contexte institutionnel adéquat pour rencontrer avec succès la prédiction dont nous parlait Daniel Bacquelaine, citant Jacques ATTALI.
Sans vouloir peiner personne, je m’interroge je l’avoue sur la question de savoir quel autre parti serait en mesure, au sein de cette assemblée, de rencontrer les défis qui attendent la majorité provinciale.

Mais ne me comprenez pas mal.

Les défis sont tels qu’ils nécessitent – Monsieur Drion – l’union « sacrée » de tous. Mais tout convoi doit être pourvu d’un moteur – d’un moteur bien évidemment « propre » Monsieur Hody – et la majorité provinciale doit être ce moteur.

Evidemment, pour croire en ce projet, pour participer à sa mise en œuvre, il faut croire un minimum dans l’institution qui doit le mettre en œuvre.
Je ne vais pas vous tenir un discours provincialo-centriste. Ce n’est pas mon genre.

Mais je voudrais toutefois rendre chacun de nous attentif, et le groupe Ecolo en particulier, aux conséquences potentielles des choix qui se présentent.
Supprimer les Provinces ? Oui, ça sonne bien, sur tout forum de discussion l’idée plait, elle ne fait même pas débat, elle s’impose. Les Provinces, c’est vieux, ça coûte cher, c’est rempli de profiteurs, ça ne fait rien…ou si, ça communique…ça communique ! Ah zut…Madame Goffin n’est plus là…

Mais est-ce vraiment ça, les Provinces ?

Chers Collègues, je vous mets en garde… Est présent dans cette salle un virus politiquement transmissible. Ce virus, c’est l’attachement à l’action provinciale.
D’ailleurs, vous remarquerez que nos amis Ecolo – pour ne citer qu’eux et en précisant toute l’amitié et le respect que je leur porte – arrivent ici atteint d’une anti-provincialite aigüe, laquelle parait ensuite s’estomper peu à peu au cours de la législature…, le précédent groupe Ecolo ayant, avec le reste du Conseil, approuvé la définition des cinq axes prioritaires de compétences – alors qu’il peut paraître curieux de doter de compétences une institution dont on poursuit la suppression…

Mais ma mise en garde n’en reste pas moins sérieuse.

La Province chers Collègues, ce n’est pas que le Collège qui nous propose aujourd’hui un budget et une déclaration de politique générale dont je vais évidemment vous dire quelques mots.

La Province, c’est aussi un Conseil composé de 56 conseillers, provenant de trois arrondissements différents et représentant toutes les sensibilités politiques de la population.
Vous supprimez la Province, vous vous supprimez vous-même. Vous supprimez le débat public, vous supprimez votre droit à vous exprimer.

Vous pouvez aussi supprimer la Province pour la remplacer par autre chose. Le Code de la démocratie locale est déjà tout prêt pour cela. Il regorge de dispositions pour permettre la mise en place d’agglomérations ou de fédérations de communes. Mais alors, bas les masques, poursuivre la suppression d’un niveau de pouvoir pour le remplacer par un autre n’aboutira qu’à créer des couches de plus. Ceux qui prêchent la simplification du paysage politique wallon n’arriveront ainsi en définitive qu’à le compliquer. Et nous sommes loin d’avoir besoin de cela.

Je vous confiais il y a un instant ne pas être socialiste, sachez également que je ne suis pas naïf.

Tout ne se décidera pas ici.

Notre Province compte 84 communes, 84 bourgmestres et 84 collèges et conseils communaux.

Tant les conférences de bourgmestres que la coordination provinciale des pouvoirs locaux vont donc par exemple devoir jouer un rôle clé et moteur dans notre avenir commun.
Mais permettez-moi de plaider – c’est mon métier – avec insistance pour que le débat n’échappe pas à notre assemblée.

Nous ne sommes pas la chambre d’entérinement des petits ou des grands accords conclus par d’autres. Nous ne sommes pas inaptes à débattre ou à exposer un point de vue.
Au Collège provincial, je dis « Lancez le débat, affrontez-le et participez-y ! ». Vous en avez la force, l’assurance et vous en sortirez plus fort encore.

Mais ce débat, que j’appelle de mes vœux au nom du groupe MR, ne permet évidemment pas tout.
Tout au long de la législature précédente, tous les groupes de cette assemblée ont gardé une distance naturelle avec le représentant du Front national alors élu au sein de notre Assemblée.

S’il s’est au final révélé plus discret que méchant, nous avons je pense tous eu raison de tenir cette distance.
L’extrême droite s’en est allée. Personne ne s’en plaindra.

Aujourd’hui, notre Assemblée compte deux représentants du PTB « + », le plus prenant en l’espèce tout son sens puisque Monsieur Bergen est membre non pas du PTB, mais du Parti communiste.

Ce n’est ni le lieu ni le moment pour débattre de la question de savoir s’il faut oui ou non comparer les extrêmes – à supposer déjà qu’ils ou qu’on les qualifie comme tels – ni le lieu ni le moment non plus pour rouvrir les livres d’histoire pour compter les morts. Mais dans la mesure où le groupe PTB + souhaite faire entendre sa voix, permettez-moi de leur dire d’emblée qu’ils trouveront toujours les libéraux face à eux pour combattre le populisme et les idées simples et dangereuses.

Au PTB + je dis que je n’ai pas de leçon à donner, mais pour toutes celles que vous nous avez données au cours de la dernière campagne, je me permets de vous dire : commencez par bosser, la politique ne se résume pas à des slogans, et nous débattrons de vos propositions si vous nous en présentez et si débat il est possible d’avoir avec vous.

Chers Collègues,

La déclaration de politique générale du collège provincial est présentée, je l’ai dit tout à l’heure, dans un contexte extrêmement difficile.

Si vous me permettez de citer une dernière fois Daniel Bacquelaine, celui-ci disait devant notre Assemblée en septembre 2011 et à propos de la législature qui s’entame aujourd’hui même :

« Si on rate le cap de cette législature, on aura laissé passer notre chance. Donc les 6 prochaines années seront fondamentales. Nous avons, grâce à la collaboration avec la Province, la Ville et les Communes, réalisé de grands pas en avant, nous avons maintenant la nécessité et le devoir moral de réussir la mutation de notre Ville Région pour qu’elle devienne une métropole capitale dans notre Europe ». – fin de citation

En fait, c’est à ça que l’on pourrait résumer la déclaration de politique générale. Et dire ça ne consiste pas à privilégier un axe de compétences plutôt qu’un autre.

Une Ville Région de la taille du grand Liège ne peut se permettre de favoriser l’économie au détriment social, l’enseignement au détriment de la culture, la santé au détriment de l’agriculture. C’est en tout cas un des credo des libéraux : tout est dans tout, et le talent – la clé du succès – consiste à savoir composer.

Chers Collègues,

L’axe I de la déclaration de politique générale est consacré naturellement au développement scolaire et professionnel.

Le groupe MR se réjouit évidemment de voir nos infrastructures d’enseignement provincial rénovées et agrandies. Les investissements d’ores et déjà programmés à Verviers, La Reid ou Seraing répondent non seulement aux besoins de nos étudiants mais permettent par ailleurs de concentrer en Province de Liège des investissements publics importants. Que ceux qui prônent le tout à la Région nous disent si ces investissements auraient vu le jour si la Province n’était pas là…

Quant à notre programme d’enseignement et de formation, il doit sans cesse être remis sur le métier, pour coller aux réalités du terrain et aux attentes de nos entreprises. On soulignera par ailleurs la nécessaire vigilance que nous devons avoir à l’égard du maintien du caractère neutre de notre enseignement, ainsi qu’à la lutte contre toutes les formes de communautarisme ou de manipulation des esprits.

Si la Ministre de l’Enseignement secondaire voulait bien se donner la peine d’accélérer un peu ses réflexions sur l’instauration d’un cours d’éducation citoyenne, de philosophie ou d’histoire culturelle des religions, notre enseignement provincial pourrait, très certainement, en tirer avantage.

Le développement culturel et sportif constitue l’axe II de la déclaration qui nous est soumise.

Privé d’un centre pour sportif de haut niveau par une de ces institutions que d’aucuns verraient pourtant bien nous absorber, c’est vers la Province de Liège que les regards se tournent pour aider les communes et les clubs à pouvoir disposer d’infrastructures de qualité et d’une politique du sport coordonnée.

Quant à la culture, au-delà des lieux communs sur son importance, le groupe MR insiste sur la vocation qu’elle a à former au vivre ensemble, indiscutablement l’un des enjeux majeurs des années à venir.

Richard Miller, l’un des hommes politiques qui m’a la plus appris et à l’égard de qui je voue une réelle admiration, nous rappelle fort justement que « Depuis les temps les plus anciens, des guerres ont été menées pour annexer des territoires, s’approprier des ressources naturelles, enlever des femmes, capturer des esclaves, voler des biens, accéder aux ports de mer, imposer une religion, défendre une nation… De nos jours, sous l’effet notamment de la « mondialisation », l’appartenance culturelle est devenue la cause première, celle qui tend à supplanter, recouvrir et englober toute autre cause possible de conflit. Accepter la multiplicité des systèmes de valeurs, accepter que la raison se dépasse en une plus grande intelligence, en une plus grande compréhension des comportements différenciés, accepter d’affiner la rencontre entre le public et le privé, entre le droit et l’éthique, accepter que la démocratie ne soit pas une notion monolithique est un projet qui requiert une volonté politique authentique. Mais travailler en libéraux à la réussite d’une société interculturelle, accepter la pluralité des valeurs, ce n’est pas et ce ne peut pas être, accepter toutes les valeurs, ce n’est pas accepter des valeurs qui vont à l’encontre de la liberté humaine ».

Vous me direz peut-être que je m’éloigne des préoccupations provinciales.

Je ne le pense pas. L’interculturalité se construit partout. Elle se vit d’ailleurs au sein même de cette assemblée. N’avons-nous pas entendu, pas plus tard qu’hier, la revendication de la spécificité culturelle germanophone ? Nous ne pouvons nier ce message, mais nous devons également rappeler ce qui nous unit, et que si « Small is beautiful » et « I want my money back » sont des revendications loin d’être neuves ou inédites, poussées à leurs extrêmes, elles se révèlent souvent dangereuses. Aussi, je pense que notre Assemblée gagnerait à rencontrer le Parlement germanophone, à une ou plusieurs reprises au cours de la législature, car la compréhension de chacun nait d’abord au départ de la connaissance que l’on a de l’autre.

Prévention de la santé et action sociale constituent l’axe III.

Le groupe MR y attache naturellement une importance particulière. N’en déplaisent à certains, ces matières sont gérées par des libéraux et nous sommes à la fois fiers du bilan engrangé et impatients de mettre en œuvre les nouveaux chantiers.

Non Monsieur Bastin les cars de dépistage ne créent pas la polémique, c’est vous qui la créez. Votre problème, c’est sans doute qu’en matière de santé, votre parti n’a au niveau provincial en réalité aucun programme. Car si vous savez lire le programme du MR, le MR sait lire…le programme du cdh. Et en matière de programme, votre parti gagnerait à être dépisté contre l’anémie, car en matière de santé par exemple, votre programme provincial est muet. Je n’ai d’ailleurs relevé le mot santé que dans le titre du chapitre que vous y consacrez…

Quant à l’action sociale, recentrée notamment sur ce qui y est attendu par le monde associatif, elle se concentrera sur les salons du volontariat, les Open Ado, ou encore sur la lutte contre les inégalités. Ces inégalités qui blessent, qui frustrent, qui stigmatisent l’homme ou la femme différent culturellement – je l’évoquais tout à l’heure – philosophiquement, ou encore sexuellement. Nous devons combattre inlassablement ces inégalités.

Quant au développement territorial durable et à la supracommunalité, qui constituent les axes IV et V, la déclaration de politique générale relève que « La Province de Liège a dépassé aujourd’hui le temps de la réflexion », et qu’elle « se positionne maintenant dans celui de la concrétisation ».
Je le répète, nous n’avons pas le droit à l’erreur.

La supracommunalité n’est la propriété de personne si ce n’est celle des habitants de la Province de Liège.

La supracommunalité, ce n’est ni la concentration de tous les moyens au cœur de la Province au détriment de son développement global, ni le saupoudrage tous azimuts indépendamment d’un plan de développement global.

Gardons-nous bien d’invoquer la supracommunalité en soutien à n’importe quel projet local. Gardons-nous bien, inversement, de refuser tout projet local sous prétexte qu’il ne s’insérerait pas dans un projet concentré sur les plus grandes de nos Villes.

La supracommunalité, c’est le vivre ensemble à l’échelle provinciale. C’est un antidote contre l’esprit de clocher, et un accélérateur de développement.
La supracommunalité et l’intercommunalité, ce sont les compétences que le Collège et cette Assemblée vont devoir exercer avec intelligence, pour que privée de Liège 2017, notre Province ne soit pas privée de perspective, d’espoir et de développement.

A cet égard d’ailleurs, qu’Ecolo et le cdh nous démontrent la puissance de leurs relais et de leur action gouvernementale en assurant notre Ville Région de la mise à sa disposition dans les plus brefs délais des moyens nécessaires à la construction d’un tram. Car la mobilité est évidemment une des conditions sina qua non de tout projet sérieux de supracommunalité.

Chers Collègues,

Pour mettre en œuvre une telle déclaration de politique générale, il faut un budget sérieux.
Nous l’avons. Je ne m’y attarderai pas, d’autres l’ont fait et le feront encore avec plus de talent que moi.
Un mot toutefois sur la fiscalité provinciale.

Le budget expressément qualifié de « transition » par le Collège provincial repose tout d’abord sur la suppression de trois taxes, portant ainsi à 19 le nombre de taxes supprimées par l’actuelle majorité provinciale. Peut-être se nombre montra-t-il d’ailleurs à 20 si les chasseurs sachant revendiquer gagnent l’action si joliment entamée hier à cette tribune par André Denis.

Ce budget de transition repose par contre, il est vrai, sur la décision d’augmenter de 1.500 à 1.750 les centimes additionnels sur le précompte immobilier.
Ce n’est pas une décision facile à prendre. Son opportunité peut faire débat et je le comprends.

Mais le budget présenté est en équilibre, le personnel provincial garanti, et les projets d’investissements nombreux.

Alors dans l’immédiat que fallait-il faire ?
Accrocher au plafond la corde à laquelle se pendre ? Se racrapoter sur un service minimum, sans perspective et sans ambition ? Devenir une simple caisse de paiement du personnel public, sans favoriser le développement économique de notre territoire ?

Je comprends que cette stratégie soit poursuivie par ceux qui veulent voir l’institution provinciale disparaître, mais ce n’est pas le choix de la majorité provinciale. Et après examen des politiques régionales, et de leurs carences, c’est un choix qui s’avérera profitable, je pense, pour notre population.

Naturellement, la fiscalité reste un moyen dont il faut user avec modération. Ce n’est pas le groupe libéral qui va vous dire le contraire.

Il n’est donc pas question d’ouvrir tout grand le robinet des dépenses, il est avant tout question de les rationnaliser.

Il n’est pas question de vivre la grande vie, il est question de réfléchir à chaque dépense et de poursuivre la meilleure des gouvernances.

Il n’est enfin pas question d’accepter une hausse irrémédiable et continue de la fiscalité. On ne décide jamais pour l’éternité, et un libéral ne se lie en tout état de cause jamais à une politique dont le seul carburant serait l’augmentation de la fiscalité.

Nous avons aujourd’hui besoin des moyens nécessaires pour mettre en œuvre la déclaration de politique générale. Ils sont là. Nous verrons en cours de législature si la fiscalité peut être réajustée. Elle est quoi qu’il en soit aujourd’hui dans la moyenne wallonne, alors même que les efforts accomplis n’ont pas été compensés par les mêmes largesses wallonnes qu’en Hainaut par exemple.

En conclusion, c’est donc avec conviction que le groupe MR soutiendra tant la déclaration de politique générale que le budget 2013 présenté par le Collège provincial.

Avant d’en terminer, et à titre plus personnel, au terme de cette première – et je l’espère pas dernière – intervention faite en qualité de chef de groupe, j’aimerais remercier tout particulièrement les conseillers MR qui, par leur confiance, me permettent d’exprimer ce qui je l’espère est la synthèse de leurs convictions et de leurs engagements politiques. C’est une marque de confiance qui me touche particulièrement, et dont j’espère je serai digne.

Aux groupes politiques de la minorité, je veux dire que si j’aime taquiner, j’aime surtout débattre, et qu’ils trouveront dans le groupe MR des conseillers à leur écoute et respectueux. Je sais la difficulté qu’il y a d’être minoritaire, il m’arrive de le vivre dans d’autres fonctions…

Enfin, au partenaire socialiste, je voudrais assurer ma loyauté, ainsi naturellement que celle du groupe MR dans son ensemble. J’ai suffisamment dit que je n’étais pas socialiste, pas plus que vous n’êtes libéraux. Cela ne nous a pourtant jamais empêché de faire de belles choses. Cela ne doit pas nous empêcher, non plus, de reconnaître que nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, sans qu’il faille nécessairement y voir un drame de majorité, ou la remise en cause de ce qui nous rassemble dans l’intérêt des citoyens.

A l’image de la Province, la majorité est là, responsable et soudée. A présent, au travail !

Je vous remercie pour votre – longue – attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

Personne n’achètera un tram dans un sac…

En qualité de jeunes libéraux de l’axe bleu Seraing-Liège-Herstal, nous ne pouvons qu’exprimer nos vives craintes quant aux nouvelles difficultés auxquelles le projet relatif au Tram est confronté.
Nous tenons tout d’abord à rappeler notre profond attachement à la mise en place aussi rapide que possible, et en tout état de cause d’ici à 2017, d’un réseau de transport en commun structurant dans l’agglomération liégeoise. Le tram est, pour nous, une priorité absolue.
Mais la mobilité à Liège ne se limite pas au tram, elle demande un plan d’action global, commun à la Ville de Liège et aux communes périphériques. Ce plan, il passe d’abord par l’examen des conclusions du PUM, pourtant gardées secrètes depuis plus d’un an par le Ministre Henry !
Nous demandons donc instamment au Ministre de sortir la synthèse du PUM dans les plus brefs délais. Celui-ci devrait permettre de dégager les axes forts, complémentaires au tram, qui permettront d’interconnecter de manière performante l’ensemble des communes de l’agglomération liégeoise. Notamment par le biais de la réorganisation du réseau du TEC Liège-Verviers, mais aussi par celui de l’utilisation du réseau ferré actuel au profit des usagers, particulièrement sur la ligne 125 A. A ce jour, le dossier est toujours bloqué.
Or, Seraing a besoin de solutions en termes de mobilité tant pour sa rive droite (avec la mise en place du Master Plan) que pour sa rive gauche. Sans la mise en service d’un train-tram sur la ligne 125A, nous ne pouvons pas accepter que le tram ne desserve que la rive gauche à Jemeppe.
De même, la revitalisation de Herstal passe par une plus grande attractivité du centre et une meilleure intermodalité. Or, à la fermeture du guichet de la SNCB, à la suppression de plusieurs lignes de bus, à l’abandon du projet vélib’ en collaboration avec la Ville de Liège, s’ajoute le fait que le tram ne circulera pas à la Gare prochainement rénovée, ni dans l’hyper-centre où la circulation des voitures est par ailleurs bannie dans le cadre des projets de réaménagement.
Nous soulignons par ailleurs que si, naturellement, tous les travaux ne pourront commencer sur l’ensemble de la ligne projetée Seraing-Liège-Herstal en même temps, il ne faut nullement confondre phasage des travaux et phasage des décisions et des moyens !
En conséquence, l’objectif est, et doit rester, la mise en place d’une première ligne de tram Seraing-Liège-Herstal pour 2017. Cette ligne devra être complémentaire aux solutions qui doivent être mises en œuvre dès à présent, et qui consistent à mettre en place un réseau de mobilité à trois niveaux interconnectés : réseau ferré (R.E.L.), tram et bus.
La localisation des dépôts du tram ne nous parait pas dans ce cadre être une question majeure, dès l’instant où chacun s’accorde aujourd’hui sur la mise en œuvre d’un plan global de mobilité, sans saucissonnage des décisions, et avec la garantie pour l’ensemble de l’agglomération liégeoise que la mobilité a été appréhendée dans son ensemble.

Fabian CULOT, Gilles FORET, Diana NIKOLIC, Fabrice DREZE, Jennifer MAUS

La supracommunalité à Liège…texte de mon intervention au conseil provincial du 8 septembre 2011

Mesdames, Messieurs,
En décembre 2007, les Jeunes MR nationaux, dont j’étais alors le secrétaire politique, organisaient au Val-Saint-Lambert à Seraing un congrès sur les communautés urbaines. Aux termes de nos travaux, nous avions lancé un appel par communiqué de presse aux termes duquel nous disions notamment ceci : « défendre l’institution provinciale doit passer par une vision moderne et adaptée aux nouvelles réalités urbaines que l’on connaît. Les Jeunes MR appellent à cet égard à la tenue d’un vaste débat sur la réorganisation des institutions provinciales, un débat ne partant pas avec l’a priori qu’il faut supprimer l’institution, mais un débat refusant le fatalisme de certains qui considèrent qu’il est interdit d’y toucher ».
C’est par conséquent un jeune mandataire MR heureux que vous avez aujourd’hui devant vous.
La Province de Liège est en effet parvenue à lever les tabous pour réfléchir et penser son avenir au regard de ce que l’on attend d’elle aujourd’hui et demain.
Aux citoyens de notre Province, le groupe MR tient à garantir que le débat sur la supracommunalité n’est pas le énième débat institutionnel du moment. Il ne s’agit pas ici de scinder des arrondissements ou de diminuer les droits des gens, il s’agit au contraire de fédérer pour construire une Ville-région à la taille et à l’ambition d’une véritable métropole européenne : j’ai nommé, Liège.
Chers amis, chers collègues, pour garantir l’efficacité de nos institutions et la concrétisation des projets dont Liège a besoin dans les années à venir, l’heure est plus que jamais venue de créer une véritable communauté urbaine !
Pour y parvenir, le groupe MR tient à formuler trois recommandations :
- L’instauration de politiques à l’échelle de la communauté urbaine nécessite que l’on dégage des moyens financiers suffisants, à tous les niveaux de pouvoir intéressés, et ce dès l’année budgétaire 2012 ;
- Il est impératif de s’accorder sans tarder sur quelques priorités d’intérêt provincial, et donc de renoncer à ce que d’autres peuvent faire aussi bien que nous. A cet égard, pour le MR, la mise en œuvre du tram est tout à fait prioritaire, j’y reviendrai dans un instant ;
- Comme mon collègue Roger Sobry vous l’a déjà dit, pour qu’une institution puisse porter des projets de grande envergure, il faut qu’elle bénéficie du soutien de la population à qui elle s’adresse. A cet égard, si la mise en place de la coordination provinciale des pouvoirs locaux était dans l’immédiat indispensable, et que le MR s’en félicite, il conviendra dans les années à venir d’organiser cette coordination en vue d’assurer sa visibilité démocratique. Le conseil provincial, dont il faudrait sans doute penser à réformer la composition, devrait ainsi peu à peu se réapproprier le débat politique, et des séances comme celle-ci devraient à l’avenir encore pouvoir être diffusées, pour débattre non plus de l’éventuelle mise en œuvre prochaine d’un tram, mais pour débattre au quotidien de son fonctionnement, pour évoquer ses extensions, pour relayer les demandes de celles et ceux qui l’utiliseront. En un mot, pour que Liège Métropole soit représentée par une assemblée d’élus responsables de projets clairement identifiés devant les citoyens de notre province.

Mesdames, Messieurs, la supracommunalité, c’est aujourd’hui la seule manière de pouvoir mener à bien de grands projets, et de rivaliser avec les autres grandes métropoles européennes.
A l’échelle liégeoise, des grands projets, j’en vois essentiellement trois :
Le premier, c’est la mise en commun des moyens en vue de la création d’infrastructures sportives et culturelles de grande envergure et de qualité. Bien entendu, l’exposition internationale Liège 2017 est un objectif majeur à poursuivre, mais la mise en commun des moyens, à terme, ne devra pas s’arrêter là. Il est inutile de subventionner 10 demi-infrastructures lorsque 5, complètes et de qualité, suffisent.
Le deuxième grand projet, c’est l’aménagement de notre territoire. La SPI+ a d’ailleurs bien raison de consacrer le colloque organisé à l’occasion de son 50ème anniversaire à ce que l’on appelle « l’intelligence territoriale ». Comme je vous le disais d’ailleurs lors du conseil provincial thématique relatif au développement économique, un aménagement du territoire à l’échelle supracommunale doit tendre à « rendre plus de qualité de vie à des quartiers qui ont énormément souffert d’une activité industrielle trop lourde et trop proche des habitations », parce que nous ne vivons plus au 19ème siècle, et que notre prospérité de demain dépendra, de manière non négligeable, de l’attractivité de nos quartiers et de l’intelligence de l’aménagement de notre territoire dans nos villes et communes.
Enfin, dernier des trois grands projets que le groupe MR entend bien soutenir, je vous l’annonçais tout à l’heure, c’est évidemment la mise en place d’une politique supracommunale de la mobilité, qui doit passer par la mise en service d’un tram. A cet égard, nous lançons un appel solennel à la Région wallonne, et à son Ministre Ecolo de la mobilité en particulier, afin qu’il rende public sans tarder les conclusions du plan urbain de mobilité et qu’il finalise les études techniques et juridiques préalables au lancement des différents marchés.
Chers amis, nous serons certainement plusieurs à rester vigilants quant à la manière dont les différents projets que je viens de citer vont être concrétisés. Mais aujourd’hui, tant en mon personnel qu’en celui d’André Denis, chef du groupe MR et de l’ensemble des membres de celui-ci, je tiens à remercier le collège provincial pour le travail accompli ces derniers mois, à l’assurer de notre plein soutien dans les mois à venir pour la mise en œuvre du chantier de la supracommunalité, et à lui rappeler, bien entendu, qu’il trouvera toujours au sein de ce conseil, et du groupe MR en particulier, des conseillers prêts à l’aider !
Merci de votre attention.

Le redéploiement économique…texte de mon intervention au conseil provincial du 17 février 2011

Parmi les activités qui font la richesse et le développement de notre région, permettez-moi de concentrer mon attention sur celle avec laquelle j’ai en quelque sorte grandi, tant par le biais des entreprises dans lesquelles travaillaient mes parents qu’au travers des marques laissées par son passage dans de multiples endroits de la ville dans laquelle j’ai grandi, Seraing.

La sidérurgie a écrit les plus belles pages de notre histoire économique, mais elle est également à la base de nombreuses heures sombres.
La relative amélioration connue ces dernières années en ferait presqu’oublier le coup de tonnerre de 2003, à savoir l’annonce de la fermeture de la phase à chaud à Liège.
Ce véritable séisme économique avait été suivi d’une large prise de conscience quant à la gravité de la situation, et plusieurs rapports dressant les perspectives de redéploiement de notre région avaient alors été commandés. Je pense notamment au rapport « Liège 2020 » piloté par la SPI+, ou encore à celui co-rédigé par notre gouverneur Michel Foret, alors Ministre wallon, et Guy Mathot, bourgmestre de Seraing.

Si depuis 2003, beaucoup de chemin a déjà été accompli, force est également de constater que la situation économique a elle aussi évolué.
En avril 2007 en effet, le groupe Arcelor Mittal est revenu sur sa décision de 2003, et a décidé de maintenir une activité sidérurgique à chaud à Liège. Dans la foulée, le haut-fourneau 6 de Seraing, arrêté en 2005, a été redémarré début 2008, pour être à nouveau mis à l’arrêt neuf mois plus tard et jusqu’à ce jour, suite nous dit-on à une diminution de la demande mondiale en acier.
Alors si en 2007 la décision visant à conserver une sidérurgie à chaud a été accueillie avec soulagement, si l’on peut en effet croire que le maintien d’une activité sidérurgique intégrée à Liège est de nature à protéger le secteur dans son ensemble, les ouvertures et fermetures à répétition des lignes à chaud comme à froid, ainsi que l’éloignement sans cesse plus grand des centres de décisions avec notre territoire, doivent également nous convaincre, aujourd’hui plus que jamais, que l’avenir de la sidérurgie à Liège reste extrêmement incertain.

Or, la présence sur un territoire d’une activité industrielle aussi lourde que l’activité sidérurgique n’est pas sans conséquence. Le nombre de mètres carrés de terrains industriels nécessaires est tel qu’il est sans comparaison avec une quelconque autre activité, les pollutions générées sont multiples, et l’impact sur le paysage est loin d’être anecdotique.
Alors s’il est bien évident que nous devons nous battre pour que Liège conserve une importante activité sidérurgique sur son territoire, nous devons également veiller à ce que cette activité n’entrave pas les axes de redéploiement définis à une époque où l’on pensait que la sidérurgie n’allait plus appartenir qu’à notre histoire.

Or le risque est là. On ne réussira pas à construire du beau, du neuf, du moderne, on ne réussira pas à tourner la page d’une histoire industrielle extrêmement marquante pour nos régions et ses terres si nous ne parvenons pas à définir un nouvel aménagement de notre territoire.
Notre Province est suffisamment vaste pour garantir un équilibre durable entre les activités industrielles d’une part, et les fonctions d’habitat et de petits commerces d’autre part.
L’enjeu des prochaines années, c’est donc celui de la redéfinition des fonctions et des affectations de nos territoires.

Dans ce cadre, je me réjouis que le développement territorial figure parmi les nouvelles compétences que la Province de Liège a décidé de développer dans les prochaines années. Je me réjouis également de lire dans le nouveau plan stratégique de la SPI+ la volonté de réaliser des études d’aménagement du territoire dépassant son cadre traditionnel des parcs d’activités économiques, ainsi que sa volonté de s’inscrire comme opérateur public majeur – je cite – « pour la mise en œuvre de projets d’infrastructures complexes, de grande envergure ou structurant pour la Province de Liège ».
Derrière ces termes un brin complexes voire même un peu codés, le Groupe MR voit surtout la perspective d’un challenge majeur pour notre région.

Ce challenge, c’est permettre un aménagement plus réfléchi du territoire. C’est rendre plus de qualité de vie à des quartiers qui ont énormément souffert d’une activité industrielle trop lourde et trop proche des habitations. C’est démontrer que l’on peut être fier de son passé et de son patrimoine, autrement qu’en cultivant le culte des friches industrielles, ou des haut-fourneaux plus en sommeil qu’en activité. C’est aussi organiser notre territoire de manière à créer une mobilité moderne entre nos villes et communes, et donner par exemple un moteur au projet du tram qui en a tant besoin. C’est aussi démontrer que l’on a enfin pris conscience qu’aujourd’hui, un investisseur belge ou étranger s’intéresse nécessairement à l’intelligence de l’aménagement d’un territoire, ou encore à la qualité de la vie ou celle encore des infrastructures publiques lorsqu’il souhaite investir dans une région.

C’est pour que tout cela se concrétise le plus rapidement possible que le Groupe MR suggère au collège provincial trois actions concrètes :
1. Procéder à une réactualisation, en partenariat avec la SPI+ et les entreprises concernées, des perspectives d’évolution de l’activité sidérurgique en région liégeoise, des conséquences de ces activités sur les projets d’investissements publics ou privés programmés, ainsi que la faisabilité de projets visant à regrouper ces activités sur des sites propres plus éloignés des villes et des quartiers d’habitations ;

2. Procéder à une réactualisation, en partenariat avec la SPI+ et les services concernés du Gouvernement wallon, du schéma de développement de l’espace régional, ou de tout autre instrument de planification permettant de retrouver une vue d’ensemble de l’aménagement du territoire à l’échelle provinciale ;

3. Déterminer le plus rapidement possible le plan d’action provincial de soutien à la mise en œuvre d’un transport collectif structurant, autrement dénommé tram.

Je vous remercie pour votre attention.

Question d’actualité

Fabian CULOT
Conseiller provincial
Groupe MR

Seraing, le 19 mai 2008

Madame la Présidente,

Concerne : question d’actualité appelant une réponse orale

La présente vous est adressée en application de l’article 50 du Règlement d’ordre intérieur de notre assemblée.

Au cours de ces dernières semaines et de ces derniers jours, différentes voix se sont exprimées sur des sujets d’une importance potentielle majeure pour notre Province, j’en citerais trois :

-          la construction d’un tram ;

-          la candidature éventuelle de Liège en qualité de capitale européenne de la culture en 2015 ;

-          la candidature éventuelle de la Belgique et des Pays-Bas en qualité d’organisateurs de la Coupe du Monde de football en 2018.

Notre Conseil a voté une motion en faveur du tram lors de son dernier conseil. Tout reste toutefois à définir : modalités, financement, trajectoire, partenaires, etc.

S’agissant de la candidature en qualité de capitale européenne de la culture, force est de constater que d’autres villes sont déjà en lice (Mons et Malines), et que la question de l’opportunité pour les francophones de soutenir différentes candidatures devra être posée. Il n’en reste pas moins que si un projet de candidature devait se préciser, notre Province pourrait y apporter son aide et son soutien.

Enfin, s’agissant de l’organisation de la Coupe du Monde, le projet n’en est bien entendu qu’à ses débuts. Mais notre Province aurait peut-être une carte intéressante à jouer en s’associant dès le départ à la concrétisation éventuelle de cette candidature.

Ces trois projets ont trait à des enjeux essentiels de demain : la mobilité et les grands événements sportifs et culturels.

Le Collège peut-il nous indiquer quelle est sa position à l’égard de ces différents dossiers ?

Ne serait-il pas intéressant que notre assemblée consacre certaines de ses réflexions à ces dossiers avant d’émettre ses avis et recommandations ?

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à la présente.

Avec mes sentiments distingués,

Fabian CULOT

Le redéploiement de la Province de Liège

Monsieur le Gouverneur, Madame le Greffière, Madame et Messieurs les Députés, chers collègues,

La législature provinciale qui vient d’être entamée a été axée, par le nouveau Collège provincial et sa majorité, sur trois priorités : le redéploiement, la solidarité et la proximité.

D’emblée, le Collège provincial a garanti que, je cite, « dans chaque secteur de compétence développé dans le cadre de la gestion de l’intérêt provincial, le Collège provincial aura à cœur de suivre ces axes afin de faire de la Province un acteur essentiel de l’avenir de son territoire aux côtés de sa population et des autres pouvoirs ou organismes qui se consacreront à cette même tâche ».

Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Mon intervention de ce jour concernera plus particulièrement la première de ces priorités : le redéploiement.

Chacune des formations politiques démocratiques représentée au sein de ce conseil participe, à l’un ou l’autre niveau décisionnel, à ce redéploiement. Il est sur presque toutes les lèvres, il est au cœur du débat, particulièrement ici, à LIEGE, et dans sa proche périphérie.

Nos communes, nos intercommunales, la Région wallonne, les Communautés française et germanophone, l’Etat fédéral, et bien entendu notre Province, ont chacun un rôle à jouer, pour ne citer que les opérateurs publics.

Le redéploiement revêt également de multiples facettes : il est bien entendu économique, mais il est également, et nécessairement ajouterais-je, social, culturel, touristique, sportif, environnemental, etc. Il nécessite donc un projet de vie pour notre Province, un projet d’avenir réfléchi, concret, coordonné et mobilisateur.

Je pense que le temps de la réflexion est aujourd’hui dépassé.

Ces dernières années et ces derniers mois se sont en effet multipliés les groupes de travail, les études plus ou moins scientifiques, les colloques, les forums, les associations autour du thème du redéploiement de la Province de Liège, et bien d’autres choses encore.

Il faut sans doute s’en réjouir. L’ensemble de ces initiatives a contribué à la construction d’un projet réfléchi, et la diversité de ces initiatives a d’ores et déjà démontré que ce projet était en outre mobilisateur.

Encore faut-il qu’il soit à présent concret et coordonné.

De toutes les réflexions et initiatives menées ces dernières années, trois doivent sans doute être démarquées des autres, de part leur ampleur et leur spécificité.

-     Du côté « réflexion », tout d’abord, l’étude Liège 2020 a rassemblé, deux années durant, une cinquantaine de personnes issues de tous les milieux socio-économiques de toute la province de Liège. Nous nous réjouirons tous, à cet égard, que ce projet soit à mettre à l’actif de notre Province, par l’entremise de ce que certains qualifient « son bras économique », à savoir la SPI+.

Les conclusions auxquelles cette étude a abouti sont extrêmement pertinentes, et il n’est sans doute plus utile de s’attarder sur les quatre prospectives d’avenir dessinées par le groupe Liège 2020 : les chiens de faïence, les loups entre eux, l’hirondelle ou le phénix.

-     Côté réflexion toujours, nous avons également pu prendre connaissance des conclusions de l’étude « redéploiement du Pays de Liège. Méthodes et perspectives » confiée à Messieurs Michel FORET et Guy MATHOT. La réalisation de cette étude, initiée par l’ASBL « Avenir du Pays de Liège », avait été décidée peu après l’annonce, par ARCELOR, de la fermeture de la phase à chaud de la sidérurgie à Liège.

-     Enfin, dernière des trois initiatives à épingler, la création du Groupement de Redéploiement Economique du Pays de Liège (GRE) ne peut évidemment être passée sous silence.

Et de silence il n’en est assurément pas question lorsque l’on évoque le GRE.

Cette coupole économique, cet opérateur central de la reconversion, déchaine les passions. D’aucuns le qualifient de « coquille vide », d’autres au contraire le parent des plus grandes vertus.

La vérité est sans doute à rechercher au centre. La lecture de son dernier rapport d’activité, qui couvre l’année 2005 et le 1er semestre 2006, permet assurément de constater que le GRE est en mouvement, qu’il développe ses activités et structure son action.

Mais il peut sans doute faire mieux encore, et plus vite.

Car le temps presse. La fermeture de la phase à chaud de la sidérurgie a débuté, son processus ne s’arrêtera probablement et malheureusement pas, et notre région connaît d’ailleurs des difficultés économiques structurelles bien antérieures aux dernières décisions d’ARCELOR.

Il est donc plus que temps de passer à l’action, d’une part en se basant notamment sur les études que je viens de rappeler, et d’autre part en se servant des outils qui sont à notre disposition.

Car pour agir, il faut être structuré.

Les communes, les intercommunales, la Région, les Communautés,… tous ses pouvoirs publics existent, et chacun doit prendre les responsabilités qui lui reviennent.

La Communauté urbaine, quant à elle, on en parle, on en parle beaucoup. Mais elle n’est pas encore là. Sa définition même continue à poser d’inlassables questions : quelles seraient ses frontières, ses représentants, ses compétences, ses moyens, ses missions… ? Le redéploiement économique, sans doute, mais lequel, et comment ? Dans son intervention en réponse à la déclaration de politique générale, Philippe DODRIMONT, pour le groupe MR, le rappelait encore, il faut avancer rapidement sur ce dossier.

Avec tous ces éléments en main, chers collègues, notre Conseil ne doit-il pas intervenir, se saisir du débat et rappeler, avant toute autre chose, que le projet de redéploiement qui sera retenu, et que la Communauté urbaine qui sera éventuellement créée, n’auraient qu’à gagner de l’apport important que pourrait leur apporter la Province de Liège, par le biais bien entendu de son Collège, et c’est du reste déjà l’engagement que celui-ci  nous a donné dans le cadre de la déclaration de politique générale, mais également par le biais de notre Conseil.

Car aucune autre institution que la nôtre n’est de nature à offrir une représentation démocratique de l’ensemble de la population et des aspirations de notre Province. Aucune autre institution que la nôtre ne peut se targuer d’une position aussi centrale dans le débat économique, social, culturel, institutionnel, touristique, ou encore environnemental.

Notre Province est en effet active dans l’ensemble de ces secteurs. Elle constitue ce lien si important entre les communes, la Région wallonne et l’Etat fédéral. Elle connaît également mieux que quiconque les réalités sociales qui sont vécues à Seraing, à Huy ou à Verviers. Et de surcroît, aucune autre institution que la nôtre ne dispose déjà d’autant d’infrastructures administratives, de personnel et de compétences.

Nous avons donc un rôle à jouer.

Ce rôle, bien évidemment, ne peut en aucun cas constituer un frein complémentaire à la reconversion. Il ne s’agit pas de déposer de nouvelles thèses, de nouvelles études, il ne s’agit pas davantage de créer de nouvelles structures. Il s’agit tout simplement de travailler à la mise en œuvre de l’avenir de notre région. Il s’agit de contribuer à « forcer l’avenir ».

Pour cela, nous avons, me direz-vous, le rythme régulier de nos travaux, l’ordre du jour des commissions, et le travail de notre Collège.

Ce-dernier nous a en outre annoncé vouloir organiser des séances thématiques et d’actualité, avec la participation éventuelle d’experts. Nous ne pouvons, là aussi, que nous en réjouir et vous en féliciter. La première de ces séances a du reste déjà été organisée, et nous avons d’ailleurs tous pu mesurer l’intérêt de l’initiative, intérêt d’autant plus important que les idées qui ont été exprimées lors du débat feront l’objet d’un suivi minutieux, tant par le Collège que par notre Conseil.

A cet égard, il serait sans doute opportun que le redéploiement économique soit l’objet de l’une des prochaines séances thématiques qui nous seront proposées par le Collège.

Mais la reconversion que nous appelons de nos vœux, chacun en conviendra, ce n’est pas un thème comme un autre, ce n’est pas une actualité passagère comme le sont bien d’autres sujets.

La reconversion, le redéploiement de notre région, c’est le quotidien de notre Province pour les six prochaines années au moins. C’est un souci et une préoccupation qui doivent demeurer constants, présents dans chacune de nos réflexions, comme elles le seront dans chacun des projets qui nous seront présentés par le Collège provincial au cours de cette législature.

Notre Conseil doit dès lors, je pense, s’organiser pour devenir le réceptacle des initiatives, le contrôleur de l’action, et le cas échéant, le législateur du changement.

Pour cela, nous devons marquer notre volonté d’être acteur de la reconversion par un geste fort, suivi d’une action continue. Sinon, notre Conseil risque d’être irrémédiablement écarté de la construction de l’avenir de la Province dont il est et reste pourtant, et nous en sommes fiers, la seule émanation démocratique.

Si notre Conseil venait à être écarté de la construction de la reconversion, le redéploiement ne s’en trouverait à mon estime que considérablement freiné. Si cela devait arriver, notre Conseil perdrait également en légitimité démocratique car, faut-il le rappeler, les orientations qui vont être prises sont d’une importance telle que ceux qui seront à la manœuvre devraient nécessairement, me semble-t-il, devoir rendre des comptes à une assemblée démocratiquement et directement élue. Et cela, ce n’est pas le conseil d’administration d’une intercommunale ou de l’une ou l’autre ASBL qui peuvent en apporter la garantie.

Cet exposé n’a pas pour objet de livrer un projet d’action clé sur porte. Car l’action se construira jour après jour, et ses résultats seront à la hauteur des forces que nous lui aurons consacrées. Mais le tout est d’être acteur et non spectateur, d’initier l’action, de l’intensifier, voire de la provoquer, mais surtout pas de la subir.

Pour cela, nous avons besoin de l’ensemble des forces disponibles, de notre collège comme de notre conseil, de la majorité comme de l’opposition.

Madame et Messieurs les membres du Collège, vous nous avez montré l’exemple en axant votre action des 6 années qui commencent à peine notamment sur le redéploiement.

Je sais qu’un certain nombre de membres de ce conseil, et peut-être même l’ensemble des conseillers des groupes démocratiques, souhaitent contribuer davantage encore au succès de votre action en la matière. Car l’enjeu est essentiel,  existentiel même pour garantir à notre Province un avenir fait de progrès, de réussite et de bien-être.

Ne pouvons-nous pas, dès lors, adapter l’organisation de nos travaux afin de faire de notre Conseil le point d’intersection des différentes initiatives provinciales concourant au redéploiement ? Adapter nos travaux afin que notre Conseil puisse veiller à la coordination des projets développés, qu’il soit le relais des préoccupations des acteurs de terrain, le lieu de discussion et de préparation des nouvelles actions provinciales ayant pour finalité première le redéploiement, et bien entendu le lien privilégié et constant tout au long du processus de redéploiement entre la force d’action de votre Collège et l’ensemble des conseillers provinciaux, témoins et porte-paroles privilégiés de la diversité des situations communales ?

Sans alourdir aucune de nos procédures, voire même en les simplifiant, nous devrions pouvoir, j’en suis certain, montrer que l’institution provinciale est le niveau de pouvoir par excellence dont l’avenir de notre région a besoin.

Bien entendu, la réalité provinciale n’est pas une et indivisible, et nos arrondissements connaissent évidemment leurs spécificités. Mais à l’heure où l’élargissement de l’Europe nous mène aux frontières du Moyen-Orient et de l’Afrique, à l’heure où « le monde est un village », il doit être possible, pour notre Province, d’assumer le rôle de force motrice et centrale du redéploiement de ses différents bassins industriels.

Chers collègues, de la majorité comme de l’opposition, ce débat mérite, me semble-t-il, une attention particulière et la contribution de chacune des bonnes volontés et des convictions.

Mon propos ne se veut ni partisan, ni utopique. Il se veut concret et mobilisateur.

Je vous remercie vivement pour votre attention.

Fabian CULOT