Fabian Culot

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Divers

La Province de Liège vient en aide aux services d’incendie

Chers collègues,

Chaque jour, plus de 1.800 pompiers volontaires et de carrière – tous travaillant de manière professionnelle comme aime à le rappeler mon ami et collègue Jean-Claude Jadot – garantissent sur le territoire provincial notre sécurité, assurent un grand nombre d’interventions d’ampleur fort heureusement souvent mineure, mais portent également parfois secours à celles et ceux qui courent de grands dangers, parfois au péril de leur propre vie.

Ces dernières années, plusieurs catastrophent majeures nous ont rappelé l’importance de disposer de services de secours de qualité, mais également les risques que nous courrions tous si ceux-ci venaient à être sous-financés de manière structurelle.

Il m’apparait dès lors tout à fait remarquable et salutaire que la 1ère action supracommunale majeure pilotée par la Province de Liège vise à soutenir les services de secours, en contribuant à leur financement et en incitant à leur meilleure organisation.

Ces dernières semaines ont été pour certains d’entre nous l’occasion de mieux connaître ces zones de secours, leur organisation et leurs besoins. Elles ont également été l’occasion d’appliquer à un dossier concret et complexe la volonté exprimée par les 4 formations politiques démocratiques actives sur le territoire provincial de développer, au travers de l’institution provinciale notamment, des politiques dites supracommunales.

Chacun a sans doute pu mesurer à cette occasion les difficultés liées à la mise en œuvre d’un tel projet, aussi noble soit-il.

J’ai ainsi été personnellement interpellé par l’incroyable diversité des coûts liés au financement des quelques 24 services de secours actifs sur le territoire provincial, ces coûts variant d’environ 20 EUR/an/habitant à 150 EUR, la moyenne provinciale étant d’environ 55 EUR.

Aussi, si une supracommunalité parfaite aurait pu conduire à la mutualisation des coûts, et à l’égalité qui en aurait découlé des cotisations des citoyens de la Province au financement des nouvelles zones de secours, il a dû être constaté qu’à ce jour la diversité était trop grande pour y parvenir et que les conditions n’étaient pas réunies.

On pourrait certes s’en émouvoir. J’avoue en avoir éprouvé l’envie. Puis au fil des discussions, au sein de mon groupe, mais aussi avec plusieurs d’entre vous et plusieurs experts du dossier, d’autres réalités se sont imposées et les choses sont apparues plus nuancées.

Je citerais notamment, et sans être exhaustif, la question de la mutualisation des recettes sous-jacente à celle de la mutualisation des coûts, ou encore la question de la prise en charge, demain, par tous, des conséquences d’une gestion qui a pu paraître quelque peu chaotique de certains services de secours par quelques-uns hier.

Si ces questions, comme d’autres, ne peuvent certainement pas être aujourd’hui traitées de manière manichéenne, j’ai en tout cas la certitude que le dossier des zones de secours nous aura rappelé avec force ô combien la supracommunalité provinciale parfaite demandera encore du temps et du travail.

Vous savez tous à cet égard les questions que je me pose quant au rôle et à la place du Conseil provincial dans la construction institutionnelle de la supracommunalité. Je sais que mon propos à ce sujet est écouté avec réserves, quand il n’agace pas. Mais qu’il me soit permis de l’éclairer brièvement à l’occasion de l’examen du dossier qui retient aujourd’hui notre attention.

Car ce dossier met très bien en lumière le difficile équilibre que nous devons trouver entre la recherche, d’une part, d’un intérêt général provincial, et la nécessaire sauvegarde, d’autre part, de la diversité des intérêts locaux.

C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de la confrontation de ces intérêts parfois divergents mais très certainement pour bon nombre louables de part et d’autre, je crois que si Liège Europe Métropole peut devenir la chambre du débat relatif à la diversité des intérêts et besoins locaux, nous devrions faire en sorte que la Province de Liège, tant au niveau du collège que du conseil, puisse incarner la chambre du débat relatif aux intérêts et besoins provinciaux – au sens général et non institutionnel du terme – cette recherche d’un double intérêt nous garantissant, à mes yeux, d’aboutir à une supracommunalité aboutie et équilibrée.

C’est en tout cas à ce jour en pleine conscience de la diversité des intérêts en présence, qu’au nom du groupe MR je me réjouis de l’accord intervenu sur le dossier des zones de secours, et qui nous conduit notamment à devoir nous prononcer sur le projet de règlement qui nous est proposé.

Ce règlement, c’est un bon règlement à tout le moins pour trois raisons.

Tout d’abord, il concrétise la 1ère grande action supracommunale et consacre le lien qui unit communes et Province.

Ensuite, il offre à chaque commune une possibilité égale d’être aidée, dans le cadre d’une démarche transparente et positive.

Enfin, et surtout, il associe l’octroi d’une aide financière directe et immédiate à la condition d’accepter de participer à une réflexion plus générale, qui sera menée dans le cadre d’une étude indépendante, et qui devra permettre, dans quelques mois à peine, d’être parfaitement informé sur les possibilités qui s’offriront aux uns et aux autres d’optimaliser la gestion de leur zone, en réduisant peut-être certains coûts, en coopérant peut-être davantage, et au final en offrant aux citoyens des services de secours dotés d’un personnel motivé et d’un matériel suffisant et de qualité, le tout à un prix juste et équitablement réparti.

Chers collègues, il est de l’intérêt de chaque commune et de chaque zone de secours que cette étude puisse être menée rapidement, mais avec objectivité, exhaustivité et efficacité.

J’invite à cet égard le bureau d’étude qui sera retenu à agir en parfaite indépendance, à tracer naturellement les pistes à suivre pour des gestions demain plus professionnelles et moins coûteuses, mais en omettant nullement les particularités locales, et ce qui a notamment permis aux plus petites de nos zones d’évoluer jusqu’à l’heure actuelle avec des coûts réduits, pour des performances pourtant jamais démenties. Avec notamment mon collègue Jean-Luc Nix, que je sais très sensible à cette question, je vise ici en particulier la place qu’occupent aujourd’hui les pompiers volontaires. Composant 2/3 du corps total des pompiers en Province de Liège, aucune réforme ne pourra être concrétisée si les particularités de leur situation ne sont pas correctement appréhendées et qu’une place spécifique ne leur est pas réservée.

Chers collègues, l’ordre du jour de notre conseil ne nous invite pas toujours à nous prononcer sur un dossier aussi important que celui sur lequel nous sommes invités à nous prononcer aujourd’hui, importance tant par ses implications immédiates que par les perspectives qu’il offre pour demain, parce que la route est longue et que le processus engagé a besoin d’étapes.

C’est pourquoi, au regard du très important travail de concertation et de négociation qui a été réalisé ces derniers mois – et pour lequel je remercie les différents protagonistes – au regard des besoins criants qui sont ceux de nos zones de secours et donc ceux des hommes et femmes qui y travaillent et qui prennent des risques pour garantir notre sécurité, au regard enfin de notre objectif commun qui vise l’évolution des politiques provinciales vers davantage d’aide et de soutien aux communes dans une démarche supracommunale, c’est pourquoi disais-je j’apporte naturellement le soutien du groupe MR au règlement proposé, et espère que ce soutien sera aujourd’hui largement partagé au sein de ce conseil.

Je vous remercie.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

Laissez le cirque à Bouglione et mettons-nous au travail !

L’extrémisme économique ne peut nous amener à l’extrémisme politique

Nous sommes tous des enfants de Cockerill, et pour nombre des représentants du groupe MR-IC, ce n’est pas qu’un slogan, c’est une réalité : nos parents travaillent ou ont travaillé dans la sidérurgie, et les fermetures annoncées nous touchent directement et nous meurtrissent. Nous n’avons pas de mots assez durs pour qualifier l’attitude du groupe Mittal, qui abusant de l’économie de marché, en détruit sa finalité (qui est le développement du progrès et de la richesse au profit du plus grand nombre) en tentant de se ménager une position qui lui offrirait un quasi-monopole, contraire au principe même du marché libre et régulé qui a permis depuis des décennies de développer l’économie de nos régions. L’extrémisme économique ne peut toutefois nous amener à l’extrémisme politique.

Le cirque politique que d’aucuns dénonçaient, ils le pratiquent aujourd’hui pourtant au quotidien, avec une démagogie qui appellera des lendemains douloureux : le boomerang revient toujours auprès de celui qui l’a lancé.

Lâchée par Mittal, la sidérurgie liégeoise n’a de chance de se relever que si les Liégeois s’accordent ensemble et parviennent à lui trouver un avenir. Et dès lors que Marx et Che Guevara sont morts, il faudra le faire sans eux…

Dans ce cadre très difficile, le groupe MR-IC de Seraing a voulu, en apportant son soutien au vote de la motion proposée et en participant à sa rédaction, contribuer à ce que toutes les pistes soient ouvertes et exploitées : il ne faut rien négliger d’étudier pour sauver la sidérurgie. Toutes les pistes doivent être explorées, sans démagogie. Seule l’inaction est à proscrire.

Le groupe MR-IC exige donc la réalisation et le dépôt rapide de l’ensemble des études permettant de déterminer les possibilités qui se présentent pour sauver la sidérurgie liégeoise. Ces études doivent permettre de répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux. Elles doivent déterminer les obligations du groupe ArcelorMittal (particulièrement sociales et environnementales), et les mettre en perspective avec ses droits, notamment quant à la propriété des outils.

Mais quel que soit le choix qui sera posé, il devra être expliqué, car il doit être partagé par les différents groupes politiques, non seulement à Liège mais également en Wallonie et, plus largement même, en Belgique et en Europe. Dans les moments difficiles, les fondamentaux de notre Etat doivent nous aider à nous en sortir. Les remettre en cause, c’est creuser à Liège une tombe dans laquelle le reste du Monde nous regardera tomber. Il n’est dès lors pas question de cautionner des études faites à la « va-vite ». A les suivre d’ailleurs, on finirait par reconnaître aux marabouts en tous genres le titre de médecin spécialiste…

Déclaration de politique générale : l’alternative au socialisme n’est pas le communisme !

La majorité socialiste communale présente aujourd’hui une déclaration de politique générale sous la forme d’une courte plaquette publicitaire. Ainsi, seules 5 pages détaillent l’action de la nouvelle majorité pour les 6 années à venir ! L’objectif du législateur wallon qui a rendu obligatoire la présentation et le vote d’une DPG en début de législature communale est en l’espèce clairement loupé !

La DPG ne dit rien… des actions menées pour répondre à la crise de la sidérurgie ; de la manière de remettre à l’équilibre les finances communales ; de la politique sociale poursuivie ( !) ; de la politique du logement ; de la sécurité et de la prévention ; du sport et de la culture ; etc. Quant aux politiques abordées, elles ne le sont que sous la forme d’un titre, sans presqu’aucun engagement et sans objectif.

Pourtant, Seraing a besoin d’un large consensus sur la mise en œuvre des projets qui vont dessiner son avenir. Les options d’aménagement du territoire (partage entre les fonctions industrielles, d’habitat et d’espaces verts), de mobilité ou encore de développement économique doivent pouvoir être débattues pour être partagées par le plus grand nombre. Seraing ne réussira pas sa reconversion si celle-ci n’est basée que sur les seules impositions d’une majorité socialiste pourtant de plus en plus étriquée.

Un des seuls engagements concrets de la DPG est la promesse de la majorité socialiste de « mieux communiquer » ! Pour le groupe MR-IC, il n’est pas question d’accepter la mise en place d’un échevinat de la Communication, sorte de nouveau ministère soviétique de l’Information d’Etat, …tout ça pour alimenter le débat gauche-extrême gauche, et de participer à la compétition du moment : « es-tu meilleur socialiste que moi ? »

A Seraing, l’alternative au socialisme n’est pas le communisme. Le groupe MR-IC était et entend bien rester le leader de l’opposition politique. Une opposition qui a participé à la définition du Master Plan, qui a dénoncé le non-respect par ArcelorMittal de ses obligations – notamment environnementales – une opposition qui a défendu les projets de redéploiement économique mais qui a, aussi, relayé les inquiétudes des riverains – notamment dans le dossier du Cristal Park. En synthèse, une opposition ferme mais constructive, vigilante mais objective. Une opposition qui représente une alternative crédible à la majorité en place. Une opposition qui sait ranger ses différences quand il s’agit d’œuvrer pour le bien commun, et qui n’utilise ni la démagogie ni le populisme pour tromper le citoyen.

Enfin, le bourgmestre conclut sa DPG par un appel à un « dialogue constructif » entre les groupes politiques. Le groupe MR-IC répond naturellement positivement à cet appel, mais n’entend pas participer à un jeu de dupes : les sirènes de l’extrémisme ne peuvent rendre inaudibles la voix de ceux qui travaillent à une réelle alternative et à un avenir meilleur et différent.

Intervention au Conseil provincial de Liège du 28 novembre 2012 sur la déclaration de politique générale et le budget 2013

Chers Collègues,

Permettez-moi tout d’abord de dire tout le bonheur du Groupe MR et de ses 17 membres de pouvoir siéger dans cette assemblée réformée et directement élue par les citoyens habitant de la Province de Liège.

17 membres, 17 origines différentes, 17 parcours, mais une même ambition et une même foi dans la liberté de l’Homme, dans sa capacité à se former et à inventer, dans sa capacité à rebondir lorsqu’il est confronté à des difficultés.

Chers Collègues,

Des difficultés, nous n’en manquons pas.

La crise est là, partout, ou presque.

Nous sortons d’une campagne électorale où chacun d’entre nous, j’en suis convaincu, a pu mesurer les difficultés grandissantes auxquelles une part elle aussi de plus en plus grande de la population doit faire face, qu’il s’agisse dans nos villes de la crise de la sidérurgie et de l’industrie, dans nos campagnes de celle de l’agriculture, ou encore de l’augmentation des prix touchant parfois même des biens de première nécessité.

L’égalité est certes au rendez-vous, mais c’est l’égalité par le bas, l’égalité face au risque de l’échec et non pas l’égalité face au progrès, à l’émancipation.

Les 17 libéraux qui composent cette assemblée ne peuvent accepter cette situation, profondément contraire aux valeurs qui nous animent et que nous défendons.
Chers Collègues, je vais vous faire une révélation…

Je ne suis pas socialiste.

Je ne suis pas socialiste, mais je prends aujourd’hui devant vous la parole au nom d’un groupe qui assume pleinement l’accord de majorité conclu entre le PS et le MR, et qui assume plus encore la déclaration de politique générale soumise à notre appréciation.

Souvenez-vous, souvenez-vous du Conseil provincial thématique du 8 septembre 2011 consacré à la supracommunalité. Invité à intervenir à la tribune de cette assemblée, Daniel Bacquelaine nous avait dit ceci :

« La Ville sera le principal lieu de vie de l’essentiel de l’humanité. Des centaines de Villes seront plus peuplées qu’une centaine de pays d’aujourd’hui. Alors que plus des deux tiers des humains y vivront, des sommes gigantesques devront être consacrées à leurs infrastructures, la Ville sera le cadre des plus importants investissements collectifs et le premier collecteur d’impôts, c’est là que se concentrera l’essentiel de l’action politique à venir et l’urbanisme y deviendra une science majeure ».
Qui a dit cela ? C’est Jacques ATTALI, dans « Une brève histoire de l’avenir ». C’est une prédiction. C’est une prédiction qui si elle se réalise, nous impose des changements radicaux. Parce que les Villes, dans leur dimension actuelle, ne peuvent pas répondre à cette prédiction.
Les seules Villes qui compteront en Europe, qui s’inscriront sur la carte européenne, seront les Villes qui auront réussi leur mutation avec les Communes périphériques, avec un territoire suffisant pour exprimer une ambition pour l’avenir.
Il faut, me semble-t-il trois ingrédients pour réussir ce pari. Il faut une volonté politique ambitieuse, je pense qu’elle existe, il faut une réalité factuelle favorable, elle existe aussi, il faut un contexte institutionnel compatible, on doit le construire. »

Chers Collègues, si le PS et le MR ont choisi d’unir leurs forces, d’unir à nouveau leurs forces préciseront peut-être certains désespérés…, c’est parce que nous estimons que cette alliance est la meilleure qui soit pour construire le contexte institutionnel adéquat pour rencontrer avec succès la prédiction dont nous parlait Daniel Bacquelaine, citant Jacques ATTALI.
Sans vouloir peiner personne, je m’interroge je l’avoue sur la question de savoir quel autre parti serait en mesure, au sein de cette assemblée, de rencontrer les défis qui attendent la majorité provinciale.

Mais ne me comprenez pas mal.

Les défis sont tels qu’ils nécessitent – Monsieur Drion – l’union « sacrée » de tous. Mais tout convoi doit être pourvu d’un moteur – d’un moteur bien évidemment « propre » Monsieur Hody – et la majorité provinciale doit être ce moteur.

Evidemment, pour croire en ce projet, pour participer à sa mise en œuvre, il faut croire un minimum dans l’institution qui doit le mettre en œuvre.
Je ne vais pas vous tenir un discours provincialo-centriste. Ce n’est pas mon genre.

Mais je voudrais toutefois rendre chacun de nous attentif, et le groupe Ecolo en particulier, aux conséquences potentielles des choix qui se présentent.
Supprimer les Provinces ? Oui, ça sonne bien, sur tout forum de discussion l’idée plait, elle ne fait même pas débat, elle s’impose. Les Provinces, c’est vieux, ça coûte cher, c’est rempli de profiteurs, ça ne fait rien…ou si, ça communique…ça communique ! Ah zut…Madame Goffin n’est plus là…

Mais est-ce vraiment ça, les Provinces ?

Chers Collègues, je vous mets en garde… Est présent dans cette salle un virus politiquement transmissible. Ce virus, c’est l’attachement à l’action provinciale.
D’ailleurs, vous remarquerez que nos amis Ecolo – pour ne citer qu’eux et en précisant toute l’amitié et le respect que je leur porte – arrivent ici atteint d’une anti-provincialite aigüe, laquelle parait ensuite s’estomper peu à peu au cours de la législature…, le précédent groupe Ecolo ayant, avec le reste du Conseil, approuvé la définition des cinq axes prioritaires de compétences – alors qu’il peut paraître curieux de doter de compétences une institution dont on poursuit la suppression…

Mais ma mise en garde n’en reste pas moins sérieuse.

La Province chers Collègues, ce n’est pas que le Collège qui nous propose aujourd’hui un budget et une déclaration de politique générale dont je vais évidemment vous dire quelques mots.

La Province, c’est aussi un Conseil composé de 56 conseillers, provenant de trois arrondissements différents et représentant toutes les sensibilités politiques de la population.
Vous supprimez la Province, vous vous supprimez vous-même. Vous supprimez le débat public, vous supprimez votre droit à vous exprimer.

Vous pouvez aussi supprimer la Province pour la remplacer par autre chose. Le Code de la démocratie locale est déjà tout prêt pour cela. Il regorge de dispositions pour permettre la mise en place d’agglomérations ou de fédérations de communes. Mais alors, bas les masques, poursuivre la suppression d’un niveau de pouvoir pour le remplacer par un autre n’aboutira qu’à créer des couches de plus. Ceux qui prêchent la simplification du paysage politique wallon n’arriveront ainsi en définitive qu’à le compliquer. Et nous sommes loin d’avoir besoin de cela.

Je vous confiais il y a un instant ne pas être socialiste, sachez également que je ne suis pas naïf.

Tout ne se décidera pas ici.

Notre Province compte 84 communes, 84 bourgmestres et 84 collèges et conseils communaux.

Tant les conférences de bourgmestres que la coordination provinciale des pouvoirs locaux vont donc par exemple devoir jouer un rôle clé et moteur dans notre avenir commun.
Mais permettez-moi de plaider – c’est mon métier – avec insistance pour que le débat n’échappe pas à notre assemblée.

Nous ne sommes pas la chambre d’entérinement des petits ou des grands accords conclus par d’autres. Nous ne sommes pas inaptes à débattre ou à exposer un point de vue.
Au Collège provincial, je dis « Lancez le débat, affrontez-le et participez-y ! ». Vous en avez la force, l’assurance et vous en sortirez plus fort encore.

Mais ce débat, que j’appelle de mes vœux au nom du groupe MR, ne permet évidemment pas tout.
Tout au long de la législature précédente, tous les groupes de cette assemblée ont gardé une distance naturelle avec le représentant du Front national alors élu au sein de notre Assemblée.

S’il s’est au final révélé plus discret que méchant, nous avons je pense tous eu raison de tenir cette distance.
L’extrême droite s’en est allée. Personne ne s’en plaindra.

Aujourd’hui, notre Assemblée compte deux représentants du PTB « + », le plus prenant en l’espèce tout son sens puisque Monsieur Bergen est membre non pas du PTB, mais du Parti communiste.

Ce n’est ni le lieu ni le moment pour débattre de la question de savoir s’il faut oui ou non comparer les extrêmes – à supposer déjà qu’ils ou qu’on les qualifie comme tels – ni le lieu ni le moment non plus pour rouvrir les livres d’histoire pour compter les morts. Mais dans la mesure où le groupe PTB + souhaite faire entendre sa voix, permettez-moi de leur dire d’emblée qu’ils trouveront toujours les libéraux face à eux pour combattre le populisme et les idées simples et dangereuses.

Au PTB + je dis que je n’ai pas de leçon à donner, mais pour toutes celles que vous nous avez données au cours de la dernière campagne, je me permets de vous dire : commencez par bosser, la politique ne se résume pas à des slogans, et nous débattrons de vos propositions si vous nous en présentez et si débat il est possible d’avoir avec vous.

Chers Collègues,

La déclaration de politique générale du collège provincial est présentée, je l’ai dit tout à l’heure, dans un contexte extrêmement difficile.

Si vous me permettez de citer une dernière fois Daniel Bacquelaine, celui-ci disait devant notre Assemblée en septembre 2011 et à propos de la législature qui s’entame aujourd’hui même :

« Si on rate le cap de cette législature, on aura laissé passer notre chance. Donc les 6 prochaines années seront fondamentales. Nous avons, grâce à la collaboration avec la Province, la Ville et les Communes, réalisé de grands pas en avant, nous avons maintenant la nécessité et le devoir moral de réussir la mutation de notre Ville Région pour qu’elle devienne une métropole capitale dans notre Europe ». – fin de citation

En fait, c’est à ça que l’on pourrait résumer la déclaration de politique générale. Et dire ça ne consiste pas à privilégier un axe de compétences plutôt qu’un autre.

Une Ville Région de la taille du grand Liège ne peut se permettre de favoriser l’économie au détriment social, l’enseignement au détriment de la culture, la santé au détriment de l’agriculture. C’est en tout cas un des credo des libéraux : tout est dans tout, et le talent – la clé du succès – consiste à savoir composer.

Chers Collègues,

L’axe I de la déclaration de politique générale est consacré naturellement au développement scolaire et professionnel.

Le groupe MR se réjouit évidemment de voir nos infrastructures d’enseignement provincial rénovées et agrandies. Les investissements d’ores et déjà programmés à Verviers, La Reid ou Seraing répondent non seulement aux besoins de nos étudiants mais permettent par ailleurs de concentrer en Province de Liège des investissements publics importants. Que ceux qui prônent le tout à la Région nous disent si ces investissements auraient vu le jour si la Province n’était pas là…

Quant à notre programme d’enseignement et de formation, il doit sans cesse être remis sur le métier, pour coller aux réalités du terrain et aux attentes de nos entreprises. On soulignera par ailleurs la nécessaire vigilance que nous devons avoir à l’égard du maintien du caractère neutre de notre enseignement, ainsi qu’à la lutte contre toutes les formes de communautarisme ou de manipulation des esprits.

Si la Ministre de l’Enseignement secondaire voulait bien se donner la peine d’accélérer un peu ses réflexions sur l’instauration d’un cours d’éducation citoyenne, de philosophie ou d’histoire culturelle des religions, notre enseignement provincial pourrait, très certainement, en tirer avantage.

Le développement culturel et sportif constitue l’axe II de la déclaration qui nous est soumise.

Privé d’un centre pour sportif de haut niveau par une de ces institutions que d’aucuns verraient pourtant bien nous absorber, c’est vers la Province de Liège que les regards se tournent pour aider les communes et les clubs à pouvoir disposer d’infrastructures de qualité et d’une politique du sport coordonnée.

Quant à la culture, au-delà des lieux communs sur son importance, le groupe MR insiste sur la vocation qu’elle a à former au vivre ensemble, indiscutablement l’un des enjeux majeurs des années à venir.

Richard Miller, l’un des hommes politiques qui m’a la plus appris et à l’égard de qui je voue une réelle admiration, nous rappelle fort justement que « Depuis les temps les plus anciens, des guerres ont été menées pour annexer des territoires, s’approprier des ressources naturelles, enlever des femmes, capturer des esclaves, voler des biens, accéder aux ports de mer, imposer une religion, défendre une nation… De nos jours, sous l’effet notamment de la « mondialisation », l’appartenance culturelle est devenue la cause première, celle qui tend à supplanter, recouvrir et englober toute autre cause possible de conflit. Accepter la multiplicité des systèmes de valeurs, accepter que la raison se dépasse en une plus grande intelligence, en une plus grande compréhension des comportements différenciés, accepter d’affiner la rencontre entre le public et le privé, entre le droit et l’éthique, accepter que la démocratie ne soit pas une notion monolithique est un projet qui requiert une volonté politique authentique. Mais travailler en libéraux à la réussite d’une société interculturelle, accepter la pluralité des valeurs, ce n’est pas et ce ne peut pas être, accepter toutes les valeurs, ce n’est pas accepter des valeurs qui vont à l’encontre de la liberté humaine ».

Vous me direz peut-être que je m’éloigne des préoccupations provinciales.

Je ne le pense pas. L’interculturalité se construit partout. Elle se vit d’ailleurs au sein même de cette assemblée. N’avons-nous pas entendu, pas plus tard qu’hier, la revendication de la spécificité culturelle germanophone ? Nous ne pouvons nier ce message, mais nous devons également rappeler ce qui nous unit, et que si « Small is beautiful » et « I want my money back » sont des revendications loin d’être neuves ou inédites, poussées à leurs extrêmes, elles se révèlent souvent dangereuses. Aussi, je pense que notre Assemblée gagnerait à rencontrer le Parlement germanophone, à une ou plusieurs reprises au cours de la législature, car la compréhension de chacun nait d’abord au départ de la connaissance que l’on a de l’autre.

Prévention de la santé et action sociale constituent l’axe III.

Le groupe MR y attache naturellement une importance particulière. N’en déplaisent à certains, ces matières sont gérées par des libéraux et nous sommes à la fois fiers du bilan engrangé et impatients de mettre en œuvre les nouveaux chantiers.

Non Monsieur Bastin les cars de dépistage ne créent pas la polémique, c’est vous qui la créez. Votre problème, c’est sans doute qu’en matière de santé, votre parti n’a au niveau provincial en réalité aucun programme. Car si vous savez lire le programme du MR, le MR sait lire…le programme du cdh. Et en matière de programme, votre parti gagnerait à être dépisté contre l’anémie, car en matière de santé par exemple, votre programme provincial est muet. Je n’ai d’ailleurs relevé le mot santé que dans le titre du chapitre que vous y consacrez…

Quant à l’action sociale, recentrée notamment sur ce qui y est attendu par le monde associatif, elle se concentrera sur les salons du volontariat, les Open Ado, ou encore sur la lutte contre les inégalités. Ces inégalités qui blessent, qui frustrent, qui stigmatisent l’homme ou la femme différent culturellement – je l’évoquais tout à l’heure – philosophiquement, ou encore sexuellement. Nous devons combattre inlassablement ces inégalités.

Quant au développement territorial durable et à la supracommunalité, qui constituent les axes IV et V, la déclaration de politique générale relève que « La Province de Liège a dépassé aujourd’hui le temps de la réflexion », et qu’elle « se positionne maintenant dans celui de la concrétisation ».
Je le répète, nous n’avons pas le droit à l’erreur.

La supracommunalité n’est la propriété de personne si ce n’est celle des habitants de la Province de Liège.

La supracommunalité, ce n’est ni la concentration de tous les moyens au cœur de la Province au détriment de son développement global, ni le saupoudrage tous azimuts indépendamment d’un plan de développement global.

Gardons-nous bien d’invoquer la supracommunalité en soutien à n’importe quel projet local. Gardons-nous bien, inversement, de refuser tout projet local sous prétexte qu’il ne s’insérerait pas dans un projet concentré sur les plus grandes de nos Villes.

La supracommunalité, c’est le vivre ensemble à l’échelle provinciale. C’est un antidote contre l’esprit de clocher, et un accélérateur de développement.
La supracommunalité et l’intercommunalité, ce sont les compétences que le Collège et cette Assemblée vont devoir exercer avec intelligence, pour que privée de Liège 2017, notre Province ne soit pas privée de perspective, d’espoir et de développement.

A cet égard d’ailleurs, qu’Ecolo et le cdh nous démontrent la puissance de leurs relais et de leur action gouvernementale en assurant notre Ville Région de la mise à sa disposition dans les plus brefs délais des moyens nécessaires à la construction d’un tram. Car la mobilité est évidemment une des conditions sina qua non de tout projet sérieux de supracommunalité.

Chers Collègues,

Pour mettre en œuvre une telle déclaration de politique générale, il faut un budget sérieux.
Nous l’avons. Je ne m’y attarderai pas, d’autres l’ont fait et le feront encore avec plus de talent que moi.
Un mot toutefois sur la fiscalité provinciale.

Le budget expressément qualifié de « transition » par le Collège provincial repose tout d’abord sur la suppression de trois taxes, portant ainsi à 19 le nombre de taxes supprimées par l’actuelle majorité provinciale. Peut-être se nombre montra-t-il d’ailleurs à 20 si les chasseurs sachant revendiquer gagnent l’action si joliment entamée hier à cette tribune par André Denis.

Ce budget de transition repose par contre, il est vrai, sur la décision d’augmenter de 1.500 à 1.750 les centimes additionnels sur le précompte immobilier.
Ce n’est pas une décision facile à prendre. Son opportunité peut faire débat et je le comprends.

Mais le budget présenté est en équilibre, le personnel provincial garanti, et les projets d’investissements nombreux.

Alors dans l’immédiat que fallait-il faire ?
Accrocher au plafond la corde à laquelle se pendre ? Se racrapoter sur un service minimum, sans perspective et sans ambition ? Devenir une simple caisse de paiement du personnel public, sans favoriser le développement économique de notre territoire ?

Je comprends que cette stratégie soit poursuivie par ceux qui veulent voir l’institution provinciale disparaître, mais ce n’est pas le choix de la majorité provinciale. Et après examen des politiques régionales, et de leurs carences, c’est un choix qui s’avérera profitable, je pense, pour notre population.

Naturellement, la fiscalité reste un moyen dont il faut user avec modération. Ce n’est pas le groupe libéral qui va vous dire le contraire.

Il n’est donc pas question d’ouvrir tout grand le robinet des dépenses, il est avant tout question de les rationnaliser.

Il n’est pas question de vivre la grande vie, il est question de réfléchir à chaque dépense et de poursuivre la meilleure des gouvernances.

Il n’est enfin pas question d’accepter une hausse irrémédiable et continue de la fiscalité. On ne décide jamais pour l’éternité, et un libéral ne se lie en tout état de cause jamais à une politique dont le seul carburant serait l’augmentation de la fiscalité.

Nous avons aujourd’hui besoin des moyens nécessaires pour mettre en œuvre la déclaration de politique générale. Ils sont là. Nous verrons en cours de législature si la fiscalité peut être réajustée. Elle est quoi qu’il en soit aujourd’hui dans la moyenne wallonne, alors même que les efforts accomplis n’ont pas été compensés par les mêmes largesses wallonnes qu’en Hainaut par exemple.

En conclusion, c’est donc avec conviction que le groupe MR soutiendra tant la déclaration de politique générale que le budget 2013 présenté par le Collège provincial.

Avant d’en terminer, et à titre plus personnel, au terme de cette première – et je l’espère pas dernière – intervention faite en qualité de chef de groupe, j’aimerais remercier tout particulièrement les conseillers MR qui, par leur confiance, me permettent d’exprimer ce qui je l’espère est la synthèse de leurs convictions et de leurs engagements politiques. C’est une marque de confiance qui me touche particulièrement, et dont j’espère je serai digne.

Aux groupes politiques de la minorité, je veux dire que si j’aime taquiner, j’aime surtout débattre, et qu’ils trouveront dans le groupe MR des conseillers à leur écoute et respectueux. Je sais la difficulté qu’il y a d’être minoritaire, il m’arrive de le vivre dans d’autres fonctions…

Enfin, au partenaire socialiste, je voudrais assurer ma loyauté, ainsi naturellement que celle du groupe MR dans son ensemble. J’ai suffisamment dit que je n’étais pas socialiste, pas plus que vous n’êtes libéraux. Cela ne nous a pourtant jamais empêché de faire de belles choses. Cela ne doit pas nous empêcher, non plus, de reconnaître que nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout, sans qu’il faille nécessairement y voir un drame de majorité, ou la remise en cause de ce qui nous rassemble dans l’intérêt des citoyens.

A l’image de la Province, la majorité est là, responsable et soudée. A présent, au travail !

Je vous remercie pour votre – longue – attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

Le cimétière des Nations passe par un accord sur BHV

Certes l’accord sur BHV (pour ce que l’on en connait à ce jour) ne parait pas parfait pour les francophones – reste que, s’il l’était, il n’y aurait tout simplement…pas d’accord ; certes il y a quelque chose de pathétique à vouloir faire avancer un Etat en consacrant des régressions démocratiques ; mais de quelle ampleur seraient ces régressions s’il n’y avait pas d’accord du tout, si des communauté culturelles différentes venaient à constater qu’elles ne peuvent plus s’accorder sur rien?

Ernest Renan, philosophe français du 19è siècle – que j’ai beaucoup lu avant de rédiger mon discours prononcé à l’occasion de la rentrée du barreau de Liège de l’année dernière, discours intitulé « Le cimetière des Nations » – définissait la Nation par deux critères: le premier est la « possession en commun d’un riche legs de souvenirs », et le second est « le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ».

Cette suprématie de la volonté du « peuple » était toutefois tempérée par Renan lui-même, qui n’hésitait pas à mettre en garde:

« La sécession, me direz-vous, et, à la longue, l’émiettement des Nations sont la conséquence d’un système qui met ces vieux organismes à la merci des volontés souvent peu éclairées.

(…)

Les Nations sont les organes providentiels de la vie spirituelle de l’humanité. La suppression ou l’atrophie d’un membre fait pâlir tout le corps ».

Beaucoup plus récemment, c’est un libéral bien connu, Guy Verhostadt, qui disait ceci:

« Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe ne réside absolument pas dans une quête de la ou des identités nationales. L’avenir ne réside pas dans une somme des identités nationales. Dans l’Europe d’aujourd’hui, « l’Europe des Nations » est un reliquat du passé. C’est une Europe incapable de résoudre les problèmes. Et c’est une Europe qui ne jouera plus qu’à grande peine un rôle dans le monde multipolaire du XXIème siècle. En un mot, l’avenir de l’Europe et de l’Union européenne sera post-national, ou ne sera pas ».

Quant à moi, je concluais mon discours par ceci:

« Je répugne les nationalistes et les extrémistes, car leur philosophie ne mène qu’à la violence, au rejet et à l’exclusion.

J’estime toutefois que le monde n’est pas prêt à ne former qu’un tout, et qu’il est impératif de respecter les cultures et les civilisations.

Du reste, l’humanité n’aurait rien à gagner de la mise en place d’un seul et même ordre mondial, qui gommerait les différences, effacerait les particularités culturelles et conduirait à une uniformisation très fade de notre société.

Les Nations ne nous ont pas apporté que les nationalismes. Elles sont plus, et parfois ça à la fois. Leurs conceptions sont, nous l’avons vu, intrinsèquement liées à l’histoire des peuples, empruntes de souffrance, de morts, mais également de ce qui fait le meilleur chez l’homme : le désir de paix, le travail et le progrès.

RENAN avait raison : nous sommes les héritiers de tout cela à la fois.

Mais nous sommes également, aujourd’hui bien plus encore qu’au XIXème siècle, des hommes libres et égaux, dotés d’une intelligence, d’un coeur et d’une raison.

Alors si les Nations se sont créées sur les champs de bataille, si elles ont sacralisé les morts et les cimetières pour justifier le rassemblement des vivants et leur allégeance à une même autorité, nous avons aujourd’hui notre destin entre nos mains.

Je ne sais pas si demain, ou après, les Nations elles-mêmes finiront ensevelies dans des cimetières, mais je sais en tout cas que si leur passé est constitué de morts et de souvenirs, leur présent a un immense besoin des vivants et de projets de vie et d’avenir de nature à les fédérer.

C’est à la grandeur de ces projets que l’on pourra juger la grandeur des hommes qui les auront portés.

Si nous n’y parvenons pas, alors aujourd’hui, il faudra se résigner à ce que les contours des Nations soient redessinés sur la seule base des différences socio-économiques, et l’on rassemblera alors les forts pour isoler les faibles.

Tandis que demain, lorsque nous serons confrontés aux conséquences des dérèglements climatiques, faute d’avoir pu adopter des mesures à échelle universelle qui seules auraient pu les prévenir, nous nous résignerons encore au tracé de nouvelles frontières, afin de garantir ce qu’il restera du bien-être aux seules populations des régions dont le climat sera le moins affecté.

Lorsque nous nous apercevrons que c’est cette voie là que nous avons empruntée, alors nous n’aurons peut-être pas enterré nos Nations, mais nous aurons enterré nos rêves ».

C’est à tout ceci, je le crois sincèrement, auquel nous devons être attentifs lorsque nous analysons l’accord intervenu cette nuit.

La supracommunalité à Liège…texte de mon intervention au conseil provincial du 8 septembre 2011

Mesdames, Messieurs,
En décembre 2007, les Jeunes MR nationaux, dont j’étais alors le secrétaire politique, organisaient au Val-Saint-Lambert à Seraing un congrès sur les communautés urbaines. Aux termes de nos travaux, nous avions lancé un appel par communiqué de presse aux termes duquel nous disions notamment ceci : « défendre l’institution provinciale doit passer par une vision moderne et adaptée aux nouvelles réalités urbaines que l’on connaît. Les Jeunes MR appellent à cet égard à la tenue d’un vaste débat sur la réorganisation des institutions provinciales, un débat ne partant pas avec l’a priori qu’il faut supprimer l’institution, mais un débat refusant le fatalisme de certains qui considèrent qu’il est interdit d’y toucher ».
C’est par conséquent un jeune mandataire MR heureux que vous avez aujourd’hui devant vous.
La Province de Liège est en effet parvenue à lever les tabous pour réfléchir et penser son avenir au regard de ce que l’on attend d’elle aujourd’hui et demain.
Aux citoyens de notre Province, le groupe MR tient à garantir que le débat sur la supracommunalité n’est pas le énième débat institutionnel du moment. Il ne s’agit pas ici de scinder des arrondissements ou de diminuer les droits des gens, il s’agit au contraire de fédérer pour construire une Ville-région à la taille et à l’ambition d’une véritable métropole européenne : j’ai nommé, Liège.
Chers amis, chers collègues, pour garantir l’efficacité de nos institutions et la concrétisation des projets dont Liège a besoin dans les années à venir, l’heure est plus que jamais venue de créer une véritable communauté urbaine !
Pour y parvenir, le groupe MR tient à formuler trois recommandations :
- L’instauration de politiques à l’échelle de la communauté urbaine nécessite que l’on dégage des moyens financiers suffisants, à tous les niveaux de pouvoir intéressés, et ce dès l’année budgétaire 2012 ;
- Il est impératif de s’accorder sans tarder sur quelques priorités d’intérêt provincial, et donc de renoncer à ce que d’autres peuvent faire aussi bien que nous. A cet égard, pour le MR, la mise en œuvre du tram est tout à fait prioritaire, j’y reviendrai dans un instant ;
- Comme mon collègue Roger Sobry vous l’a déjà dit, pour qu’une institution puisse porter des projets de grande envergure, il faut qu’elle bénéficie du soutien de la population à qui elle s’adresse. A cet égard, si la mise en place de la coordination provinciale des pouvoirs locaux était dans l’immédiat indispensable, et que le MR s’en félicite, il conviendra dans les années à venir d’organiser cette coordination en vue d’assurer sa visibilité démocratique. Le conseil provincial, dont il faudrait sans doute penser à réformer la composition, devrait ainsi peu à peu se réapproprier le débat politique, et des séances comme celle-ci devraient à l’avenir encore pouvoir être diffusées, pour débattre non plus de l’éventuelle mise en œuvre prochaine d’un tram, mais pour débattre au quotidien de son fonctionnement, pour évoquer ses extensions, pour relayer les demandes de celles et ceux qui l’utiliseront. En un mot, pour que Liège Métropole soit représentée par une assemblée d’élus responsables de projets clairement identifiés devant les citoyens de notre province.

Mesdames, Messieurs, la supracommunalité, c’est aujourd’hui la seule manière de pouvoir mener à bien de grands projets, et de rivaliser avec les autres grandes métropoles européennes.
A l’échelle liégeoise, des grands projets, j’en vois essentiellement trois :
Le premier, c’est la mise en commun des moyens en vue de la création d’infrastructures sportives et culturelles de grande envergure et de qualité. Bien entendu, l’exposition internationale Liège 2017 est un objectif majeur à poursuivre, mais la mise en commun des moyens, à terme, ne devra pas s’arrêter là. Il est inutile de subventionner 10 demi-infrastructures lorsque 5, complètes et de qualité, suffisent.
Le deuxième grand projet, c’est l’aménagement de notre territoire. La SPI+ a d’ailleurs bien raison de consacrer le colloque organisé à l’occasion de son 50ème anniversaire à ce que l’on appelle « l’intelligence territoriale ». Comme je vous le disais d’ailleurs lors du conseil provincial thématique relatif au développement économique, un aménagement du territoire à l’échelle supracommunale doit tendre à « rendre plus de qualité de vie à des quartiers qui ont énormément souffert d’une activité industrielle trop lourde et trop proche des habitations », parce que nous ne vivons plus au 19ème siècle, et que notre prospérité de demain dépendra, de manière non négligeable, de l’attractivité de nos quartiers et de l’intelligence de l’aménagement de notre territoire dans nos villes et communes.
Enfin, dernier des trois grands projets que le groupe MR entend bien soutenir, je vous l’annonçais tout à l’heure, c’est évidemment la mise en place d’une politique supracommunale de la mobilité, qui doit passer par la mise en service d’un tram. A cet égard, nous lançons un appel solennel à la Région wallonne, et à son Ministre Ecolo de la mobilité en particulier, afin qu’il rende public sans tarder les conclusions du plan urbain de mobilité et qu’il finalise les études techniques et juridiques préalables au lancement des différents marchés.
Chers amis, nous serons certainement plusieurs à rester vigilants quant à la manière dont les différents projets que je viens de citer vont être concrétisés. Mais aujourd’hui, tant en mon personnel qu’en celui d’André Denis, chef du groupe MR et de l’ensemble des membres de celui-ci, je tiens à remercier le collège provincial pour le travail accompli ces derniers mois, à l’assurer de notre plein soutien dans les mois à venir pour la mise en œuvre du chantier de la supracommunalité, et à lui rappeler, bien entendu, qu’il trouvera toujours au sein de ce conseil, et du groupe MR en particulier, des conseillers prêts à l’aider !
Merci de votre attention.

Le redéploiement économique…texte de mon intervention au conseil provincial du 17 février 2011

Parmi les activités qui font la richesse et le développement de notre région, permettez-moi de concentrer mon attention sur celle avec laquelle j’ai en quelque sorte grandi, tant par le biais des entreprises dans lesquelles travaillaient mes parents qu’au travers des marques laissées par son passage dans de multiples endroits de la ville dans laquelle j’ai grandi, Seraing.

La sidérurgie a écrit les plus belles pages de notre histoire économique, mais elle est également à la base de nombreuses heures sombres.
La relative amélioration connue ces dernières années en ferait presqu’oublier le coup de tonnerre de 2003, à savoir l’annonce de la fermeture de la phase à chaud à Liège.
Ce véritable séisme économique avait été suivi d’une large prise de conscience quant à la gravité de la situation, et plusieurs rapports dressant les perspectives de redéploiement de notre région avaient alors été commandés. Je pense notamment au rapport « Liège 2020 » piloté par la SPI+, ou encore à celui co-rédigé par notre gouverneur Michel Foret, alors Ministre wallon, et Guy Mathot, bourgmestre de Seraing.

Si depuis 2003, beaucoup de chemin a déjà été accompli, force est également de constater que la situation économique a elle aussi évolué.
En avril 2007 en effet, le groupe Arcelor Mittal est revenu sur sa décision de 2003, et a décidé de maintenir une activité sidérurgique à chaud à Liège. Dans la foulée, le haut-fourneau 6 de Seraing, arrêté en 2005, a été redémarré début 2008, pour être à nouveau mis à l’arrêt neuf mois plus tard et jusqu’à ce jour, suite nous dit-on à une diminution de la demande mondiale en acier.
Alors si en 2007 la décision visant à conserver une sidérurgie à chaud a été accueillie avec soulagement, si l’on peut en effet croire que le maintien d’une activité sidérurgique intégrée à Liège est de nature à protéger le secteur dans son ensemble, les ouvertures et fermetures à répétition des lignes à chaud comme à froid, ainsi que l’éloignement sans cesse plus grand des centres de décisions avec notre territoire, doivent également nous convaincre, aujourd’hui plus que jamais, que l’avenir de la sidérurgie à Liège reste extrêmement incertain.

Or, la présence sur un territoire d’une activité industrielle aussi lourde que l’activité sidérurgique n’est pas sans conséquence. Le nombre de mètres carrés de terrains industriels nécessaires est tel qu’il est sans comparaison avec une quelconque autre activité, les pollutions générées sont multiples, et l’impact sur le paysage est loin d’être anecdotique.
Alors s’il est bien évident que nous devons nous battre pour que Liège conserve une importante activité sidérurgique sur son territoire, nous devons également veiller à ce que cette activité n’entrave pas les axes de redéploiement définis à une époque où l’on pensait que la sidérurgie n’allait plus appartenir qu’à notre histoire.

Or le risque est là. On ne réussira pas à construire du beau, du neuf, du moderne, on ne réussira pas à tourner la page d’une histoire industrielle extrêmement marquante pour nos régions et ses terres si nous ne parvenons pas à définir un nouvel aménagement de notre territoire.
Notre Province est suffisamment vaste pour garantir un équilibre durable entre les activités industrielles d’une part, et les fonctions d’habitat et de petits commerces d’autre part.
L’enjeu des prochaines années, c’est donc celui de la redéfinition des fonctions et des affectations de nos territoires.

Dans ce cadre, je me réjouis que le développement territorial figure parmi les nouvelles compétences que la Province de Liège a décidé de développer dans les prochaines années. Je me réjouis également de lire dans le nouveau plan stratégique de la SPI+ la volonté de réaliser des études d’aménagement du territoire dépassant son cadre traditionnel des parcs d’activités économiques, ainsi que sa volonté de s’inscrire comme opérateur public majeur – je cite – « pour la mise en œuvre de projets d’infrastructures complexes, de grande envergure ou structurant pour la Province de Liège ».
Derrière ces termes un brin complexes voire même un peu codés, le Groupe MR voit surtout la perspective d’un challenge majeur pour notre région.

Ce challenge, c’est permettre un aménagement plus réfléchi du territoire. C’est rendre plus de qualité de vie à des quartiers qui ont énormément souffert d’une activité industrielle trop lourde et trop proche des habitations. C’est démontrer que l’on peut être fier de son passé et de son patrimoine, autrement qu’en cultivant le culte des friches industrielles, ou des haut-fourneaux plus en sommeil qu’en activité. C’est aussi organiser notre territoire de manière à créer une mobilité moderne entre nos villes et communes, et donner par exemple un moteur au projet du tram qui en a tant besoin. C’est aussi démontrer que l’on a enfin pris conscience qu’aujourd’hui, un investisseur belge ou étranger s’intéresse nécessairement à l’intelligence de l’aménagement d’un territoire, ou encore à la qualité de la vie ou celle encore des infrastructures publiques lorsqu’il souhaite investir dans une région.

C’est pour que tout cela se concrétise le plus rapidement possible que le Groupe MR suggère au collège provincial trois actions concrètes :
1. Procéder à une réactualisation, en partenariat avec la SPI+ et les entreprises concernées, des perspectives d’évolution de l’activité sidérurgique en région liégeoise, des conséquences de ces activités sur les projets d’investissements publics ou privés programmés, ainsi que la faisabilité de projets visant à regrouper ces activités sur des sites propres plus éloignés des villes et des quartiers d’habitations ;

2. Procéder à une réactualisation, en partenariat avec la SPI+ et les services concernés du Gouvernement wallon, du schéma de développement de l’espace régional, ou de tout autre instrument de planification permettant de retrouver une vue d’ensemble de l’aménagement du territoire à l’échelle provinciale ;

3. Déterminer le plus rapidement possible le plan d’action provincial de soutien à la mise en œuvre d’un transport collectif structurant, autrement dénommé tram.

Je vous remercie pour votre attention.

Interview Piccolo

FACE A FACE

Elections législatives anticipées oblige, ton PiccoloMR a chamboulé son programme pour donner la parole à deux jeunes qui ont à peine le demi-siècle à eux deux… Et surtout qui sont candidats  Jeunes MR pour le scrutin du 13 juin prochain ! Rencontre croisée avec Anne Feron10ème candidate effective à la Chambre pour le Hainaut — et Fabian Culot 7ème candidat effectif à la Chambre pour Liège.

JEUNES ET POLITIQUE

  1. La politique, tu es tombé dedans comment ?

Tout seul en tout cas ! Personne dans mon entourage n’en faisait. Mais en vivant à Seraing depuis ma naissance, j’ai toujours été révolté par l’importance de la pauvreté, le peu d’initiatives des politiques pour reconvertir la région liégeoise, et pourtant, le soutien quasi inconditionnel qu’une partie de la population semblait apporter systématiquement au même parti.

  1. Entre quatre yeux, c’est facile d’être jeune en politique ?

En soi, ça devrait être plus simple d’être jeune et beau que vieux et con. Mais parfois la jeunesse fait peur, elle dérange, il y a des réticences naturelles à l’écouter, dans tous les domaines de la société d’ailleurs. Alors, il faut convaincre que l’on mérite d’être écouté, pas parce que l’on est jeune, mais par la qualité de ce que l’on dit.

  1. Se présenter aux élections, c’est une première pour toi ?

Oh que non… Ce sera la 6ème fois déjà ! Deux fois aux communales, une fois aux provinciales, et deux fois aux régionales.

  1. Faire confiance aux jeunes en politique, c’est (de plus en plus) rare ?

Je pense que la parité homme-femme sur les listes a favorisé l’émergence de nombreuses jeunes femmes, et c’est fort bien. Elle a par contre freiné les jeunes hommes, car les places masculines étaient évidemment occupées par les élus sortants, plus âgés. Aujourd’hui, le changement de génération se prépare. Il faut donc rappeler que les hommes de notre génération ont aussi leur place en politique, et qu’on peut leur faire confiance. En fait, il faut éviter de créer une discrimination inversée !

EN CAMPAGNE (ELECTORALE)

  1. On le sait, la campagne sera brève et intense. Sur quels thèmes vas-tu faire campagne ? Et pourquoi ? Et de quelle manière ?

On m’a souvent conseillé dans mes campagnes précédentes de créer un slogan en jouant sur mon nom de famille. J’ai toujours refusé, estimant que le message politique méritait plus qu’un jeu de mots. Cette fois par contre, j’accepte d’ajouter le jeu de mots au fond, parce que la campagne est très courte et qu’elle doit donc marquer rapidement. J’ai donc opté pour « osez du culot pour la Belgique ! ». D’ailleurs, on ne règlera nos problèmes communautaires qu’avec du « culot », de l’originalité, en bousculant les convenances. Les solutions belges ont toujours été marquées par leur originalité, parce que l’on a osé faire ce que l’on ne faisait nulle part ailleurs au monde…

  1. Plusieurs sondages prédisent un taux d’absentéisme important pour ces élections ? La faute à qui ? Et surtout comment faire pour inciter les citoyens — et surtout les jeunes citoyens — à se rendre aux urnes ?

La responsabilité. C’est une valeur libérale essentielle. On ne peut pas sans cesse critiquer ceux qui agissent, qui entreprennent (en politique ou ailleurs), tout en restant spectateur. S’abstenir, c’est renoncer. Quand on est jeune en particulier, on ne renonce pas, on se bat pour ses idées. Dans nos régions il ya 70 ans, ou aujourd’hui dans de nombreux endroits au monde, dans des circonstances bien plus dramatiques que celles que nous connaissons, des jeunes se sont battus et se battent encore pour défendre leur liberté. Renoncer à défendre la nôtre est en luxe dangereux et très égoïste.

  1. Sur quel adversaire n’as-tu pas envie de tomber nez à nez sur les marchés ?

L’expérience m’a appris qu’il n’y a rien de pire en politique que de stigmatiser une personne sans en expliquer les raisons…

  1. L’adversaire politique qui n’en sera pas un lors de cette campagne parce que c’est un ami ?

Je ne vois pas. J’ai de bons contacts avec les autres candidats des autres partis, de là à dire qu’ils sont mes amis… Ce sera différent aux élections communales. A ce niveau, on connaît bien mieux les candidats.

  1. Allez si tu devais glisser un p’tit conseil à ton (ta) voisin(e), ce serait lequel ?

Vote selon tes convictions, pas par stratégie. Je suis en effet fort étonné du nombre de personnes qui me disent « j’ai envie de voter pour X, mais puisque Y semble en difficulté, je vais voter pour lui ». Puis, quand Y gagne, on se plaint !

ET APRES ?

  1. Tu le sais, les prochaines négociations seront institutionnelles ou ne seront pas. Ton secret pour régler BHV ? Ou plus largement, de quelle Belgique rêves-tu dans les années à venir ?

L’accès de tous les Belges à toutes les administrations dans une des trois langues nationales. Le droit d’être jugé dans sa langue où que l’on habite (mais en se déplaçant évidemment vers la juridiction compétente). Une circonscription fédérale unique pour que les politiques du nord fassent aussi campagne au sud et inversement. Utopique ? Non, simplement belge.

  1. Devant ta glace, ça t’est déjà arrivé de t’imaginer à la Chambre des Représentants ? Ton action, elle pourrait se résumer à quoi ?

Oui…l’imagination est le propre de la jeunesse ! Quant à mon action, je voudrais qu’elle contribue à ce que les Belges, du nord comme du sud d’ailleurs, réapprennent à s’intéresser à ce qui les entoure. Si le monde est un village, la Flandre et la Wallonie ne peuvent pas devenir deux îles. Nous avons besoin de nous redécouvrir une identité et de nous enrichir par les expériences et les cultures qui nous entourent. On ne voit pas le monde de la même manière selon qu’à 25 ans on a jamais quitté sa province, ou que l’on a voyagé et participé, par exemple, à des programmes comme Erasmus. Tous les jeunes devraient pouvoir profiter de cela. C’est un investissement public fondamental pour notre avenir commun.

L’intercommunale de trop !

Le conseil communal de Seraing vient de voter la constitution d’une nouvelle intercommunale de logements publics. La volonté affichée par le GW de rationaliser les intercommunales n’a manifestement toujours pas percolé jusque dans les bastions socialistes.

L’intercommunale en question prétend développer un parc de logements publics moyens. Mais il s’agit en fait de créer un nouvel outil au service du clientélisme socialiste mis en difficulté par les nouvelles règles d’attribution des logements sociaux. « La véritable motivation du PS est de pouvoir se passer des comités d’attribution et d’ainsi distribuer à sa guise les logements. J’en ai assez, à chaque conseil communal, de voter la création d’une structure dont l’objectif est de contourner une disposition légale qui dérange les socialistes », s’est offusqué Fabian Culot, conseiller communal MR à Seraing, en faisant référence à la récente création de l’ASBL Mat-Seraing.

En effet, pourquoi créer une nouvelle structure alors qu’il existe déjà une intercommunale (La maison serésienne) qui offre elle-même des logements moyens (Rue Ferrer et Esplanade de l’avenir à Seraing et Chaussée de Marche à Neupré)? Nul besoin de rappeler que c’est dans le logement public qu’ont éclaté les scandales qui défraient depuis 2006 la chronique politico-judiciaire. Certains socialistes, à Neupré et Seraing, n’ont toujours pas compris les leçons d’un passé qui semble toujours bien présent.

A Neupré aussi le MR ne décolère pas. En effet, dans la nouvelle structure, les seuls élus socialistes de Seraing auront la majorité dans tous les organes. « C’est une nouvelle étape dans la démarche d’annexion de Neupré par Seraing orchestrée par le PS. L’article 13 des statuts empêche même de facto le retrait de Neupré de cette intercommunale. Dans ce dossier, je n’ai aucun doute sur la position du PS de Neupré qui n’est qu’une succursale de Seraing. J’ose toutefois espérer que le cdH saura se montrer responsable et ne participera pas à ce phagocytage progressif pour obtenir l’un ou l’autre mandat d’administrateur ». s’est exprimée Virginie Firket-Defrang, conseillère communale à Neupré.

Le MR adhère à l’idée de promouvoir l’offre de logements moyens mais pas en créant une nouvelle structure. Les deux élus MR, par ailleurs candidats aux prochaines élections régionales, rappellent que le MR a des propositions concrètes sur ces matières (baux à durée déterminée, création d’un chèque logement, extension des réductions du PI aux biens immobiliers conventionnés, reportabilité de droits d’enregistrement).

Euregio

Seraing, le 7 juin 2007

Monsieur le Gouverneur, Madame le Greffière, Madame et Messieurs les Députés, chers collègues,

Il y a deux jours seulement, les Belges participaient à un scrutin important : les élections fédérales.

Ces élections, c’est l’occasion pour les différentes communautés de ce pays de se retrouver, de débattre, et c’est ensuite l’obligation de devoir s’accorder sur un programme de gouvernement commun.

Il s’agit par conséquent d’un moment particulièrement fort de la vie de la Belgique.

Et la Belgique, le MR y est viscéralement attaché.

Bien plus qu’un slogan, l’unité de notre pays est une conviction et un engagement qui anime notre action politique.

En ma qualité de secrétaire politique des Jeunes MR, j’ai convié, il y a un mois environ, l’ensemble des organisations de jeunesse politique flamandes à venir débattre de l’avenir de notre pays.

A cette occasion, j’ai pu mesurer l’ampleur de la tâche à accomplir pour recréer, dans l’esprit de nos jeunes compatriotes du nord du pays, le sentiment d’appartenir à une même Nation, et de partager des valeurs et une identité commune.

Mais j’ai également ressenti le poids d’une responsabilité partagée. Celle de ne plus s’être intéressé à l’autre, à son voisin. Celle de prôner les vertus d’un pays uni, mais de refuser d’accepter l’autre tel qu’il est, avec ses différences, sa langue, son histoire, ses blessures.

Cette responsabilité, nous devons l’assumer, et tous, flamands, francophones comme germanophones, nous devons travailler à la restauration d’un esprit d’ouverture, de tolérance et de respect entre l’ensemble des Belges.

Si je vous parle de cela, c’est parce que la défense de Europe des Nations et la défense de l’Europe des Régions peuvent être les deux faces d’un même combat.

Et l’EUREGIO MEUSE-RHIN en est un parfait exemple.

Ne laissons pas à ceux qui prônent la fin de l’Europe des Nations le monopole et le privilège de vanter les vertus de l’Europe des Régions !

Car ces Nations européennes, elles ont contribué à faire de l’Europe une Union tout à fait inédite d’Etats et de peuples aux cultures extrêmement diversifiées, mais aux valeurs fondamentales pourtant si partagées. La diversité, c’est la richesse de l’Europe.

Dès lors, je ne crois pas, pour ma part, que le développement de l’Europe des Régions exclue l’Europe des Nations.

Ceux qui veulent en finir avec l’Europe des Nations sont en général ceux que la diversité rebute, effraye. Ceux là même qui voient, s’agissant de la Belgique, une union artificielle entre des peuples qui ne partageraient rien et qui ne se comprendraient pas.

L’Europe des Régions, ça ne peut pas être, et ça n’est d’ailleurs effectivement  pas, l’Europe des castes, des clans, du repli identitaire ou communautaire. Il ne s’agit pas de rassembler tous ceux qui se ressemblent dans une région, et de séparer tous ceux que rien n’unit dans des régions différentes.

L’Europe des Régions, c’est l’Europe de la multi-culturalité, de la diversité, de la curiosité. C’est en effet le plaisir de rencontrer d’autres cultures, d’autres traditions. C’est le droit de découvrir ce que l’on ne connaît pas, d’aller où on n’aurait pas eu l’occasion d’aller. C’est donner au libre échange européen un, et même plusieurs, visages humains.

En l’espèce, l’EUREGIO MEUSE-RHIN, chers collègues, n’a a priori rien de plus simple que la Belgique. Trois langues, trois Etats, des systèmes et des traditions politiques différents, mais également, à l’image des communautés composant la Belgique, une proximité géographique entre les peuples que rien jamais ne pourra faire disparaître.

Dès lors, pour le Groupe MR, l’EUREGIO MEUSE-RHIN doit d’abord et avant tout aider les esprits à s’ouvrir, aider les citoyens de notre Province à s’évader, à découvrir d’autres cultures, d’autres traditions, d’autres langues, d’autres modèles sociaux et économiques.

Trop souvent, nous hésitons à franchir les frontières, car nous avons peur de l’inconnu. Trop souvent, certains citoyens succombent au fatalisme économique, persuadés que notre région ne pourra jamais plus être aussi prospère que ce qu’elle n’a été.

Trop souvent, également, les politiques que nous sommes peinent, au niveau local, à coordonner leurs politiques, notamment économiques, alors que l’Europe nous démontre que la mise en commun des moyens et des forces publiques et privés est possible et profitable aux régions auxquelles elles sont destinées, quelles que soient les différences de langue ou de sensibilité politique de leurs habitants et dirigeants.

La réussite de l’Europe des Régions, c’est la preuve que la diversité ne peut être le prétexte de l’individualité. C’est la preuve que des projets politiques peuvent être menés de front, et à bien, même s’ils sont portés par des familles politiques différentes. C’est la preuve que l’intérêt supérieur d’une région peut être sauvegardé et promotionné s’il existe une volonté commune de l’ensemble des acteurs.

Chers collègues, l’EUREGIO MEUSE-RHIN nous devons la promotionner. Nous devons en faire profiter les citoyens de notre Province. Nous devons par exemple faire bénéficier le plus grand nombre de nos étudiants, tous réseaux confondus, de la possibilité de participer à des échanges culturels et linguistiques, y compris de longue durée, car une langue ne s’apprend pas en 10 jours.

Nous devons, en toute humilité, nous inspirer des réussites économiques que connaissent nos voisins, et leur faire partager les nôtres.

Enfin, en ma qualité de Sérésien, je m’en voudrais de terminer mon intervention sans insister sur la valeur inestimable de l’EUREGIO MEUSE-RHIN dans le projet de redéploiement économique que nous appelons tous de nos vœux.

Je sais en cela que je suis soutenu par l’ensemble des membres de mon groupe, qu’ils soient de Saint-Vith, de Hannut, d’Aywaille, de Verviers ou de Huy…

Si l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et économiques de notre Province parviennent à s’accorder sur un projet coordonné et global de redéploiement, je suis certain que l’EUREGIO MEUSE-RHIN sera un relais stratégique que nous aurons tout intérêt à utiliser au mieux.

Si nous relevons ces challenges, si nous surmontons nos différences, nous parviendrons alors, j’en suis certain, à retisser des liens sociaux et affectifs avec l’ensemble de nos voisins, qu’ils soient Hollandais, Allemands, mais aussi Belges.

Je vous remercie vivement pour votre attention.

Fabian CULOT