Fabian Culot

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C'est du Belge !

Intervention du groupe MR sur le budget provincial 2014

Chers collègues,

Il me revient donc à nouveau la charge de conclure les interventions des différents groupes politiques sur le budget 2014 et la note de politique générale.
Belle occasion sans doute d’oser quelques incisives, puisqu’il est incontestable que c’est bien là la meilleure manière de conserver l’attention d’un public qui a déjà beaucoup donné…
Chers collègues, cette année comme l’année dernière, c’est au nom d’un groupe politique de pas moins de 17 membres que je m’adresse à vous. 17 membres pugnaces, avec de la suite dans les idées, qu’il s’agisse de veiller au développement économique de notre Province, de suivre et d’affronter les chaleureuses actualités intercommunales, de veiller à la subsistance des politiques sociales notamment en matière de logement, de défendre les droits de nos compatriotes germanophones, ou encore de veiller au bien-être des castors ou du moins de leurs chasseurs… Et – et tous les chefs de groupe n’ont pas le loisir d’en dire autant – il s’agit là des 17 mêmes membres que l’année dernière… Je ne sais pas ce qu’en dirait Jean de la Fontaine, que vous avez beaucoup cité Monsieur Drion, mais en tout cas Stromae, lui, dirait « OutaiJeanineoutai »…

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Chers collègues plus sérieusement, et sans transition, notre Province recevait il y a deux semaines à peine et dans cette même salle, le Roi et la Reine.
Comme plusieurs d’entre vous sans doute, je n’avais jamais assisté à pareil événement et je me suis interrogé sur ce qu’il fallait en penser. Ainsi, j’ai relevé que la tradition des joyeuses entrées n’avait pas manqué d’apparaître comme étant quelque peu anachronique aux yeux de certains observateurs. Mais paradoxalement, la population ne s’en plaint guère, et que nos concitoyens aient participé à l’événement ou non, les conversations qui sont nées à l’occasion de cet événement ont révélé dans leur grande majorité l’attachement que la population porte sans aucun doute aux personnes du Roi et de la Reine, mais par-là plus fondamentalement encore à l’Etat et aux institutions qui le représentent.
Les soubresauts que nous avons connus consécutivement aux dernières élections fédérales et les craintes qui s’en sont suivies quant à la survie même de l’Etat belge n’ont donc pas encore pu avoir raison de l’institution qui constitue le socle même de notre Constitution : la monarchie.

Chers collègues, il n’est pas dans mon intention de vous livrer à titre d’intervention politique un condensé de la revue Gala. Mon propos n’est pas là. Il m’apparait au contraire important de relever qu’en Belgique comme partout ailleurs au monde, il ne faut jamais sous-estimer le sentiment d’appartenance qu’une population nourrit à l’égard de la patrie dans laquelle elle a grandi. Ce sentiment d’appartenance est, je l’avoue, un phénomène qui me fascine et que j’ai eu l’occasion d’étudier et d’exposer en d’autres circonstances, mais curieusement en ce même lieu. J’ai pu ainsi découvrir et lire avec intérêt Ernest Renan, philosophe et homme politique français de la fin du 19ème siècle, auteur d’une définition de référence de la Nation que je me permets de vous livrer : « Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue ou d’appartenir au même groupe ethnographique, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir ».

Chers collègues, nous ne sommes plus au 19ème siècle, et je me sens bien plus proche du concept de Patrie que de celui de Nation. Mais nous ne venons pas de nulle part, et les meilleurs choix politiques sont très certainement ceux qui se posent sur la base d’une bonne connaissance du passé et d’une réelle vision d’un avenir qui ne peut s’arrêter au lendemain. La Province de Liège n’incarne ou ne représente ni la monarchie, ni la nation ou la patrie belge, mais pour autant que je sache, avec les autres Provinces de ce pays, elle partage la même histoire et la même longévité. Dès lors qu’il s’agisse de débattre de l’avenir de nos institutions tant sur le plan national que sur le plan local ou provincial, il faut toujours garder à l’esprit que les prédictions des avant-gardistes d’un jour sont parfois rangées, dès le lendemain et parfois pour longtemps, au rayon des meilleures fausses bonnes idées…

L’avenir des Provinces, on en a déjà beaucoup discuté. Mon intention n’est donc pas de répéter des positions qui ont déjà été exprimées. Mais les choses évoluent toutefois, et au regard du chemin supracommunal que nous avons décidé d’emprunter, il me parait importer que nous puissions aujourd’hui nous poser les bonnes questions, pour savoir précisément ensuite vers où nous souhaitons aller.

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Je souhaite à cet égard formuler deux mises en garde : l’une à l’attention de ceux qui ne croient plus du tout dans l’institution provinciale, l’autre à l’attention de ceux qui par contre seraient tentés de mal se servir d’elle.

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En période de crise, quand les difficultés financières frappent tant la population que les pouvoirs publics, proposer la suppression d’une institution sonne plutôt bien, nous le savons tous. Mais ainsi que je viens de vous l’exposer en vous évoquant les nations et le sentiment d’appartenance qu’elles font naître, je crois qu’il y a en politique peu de choses aussi difficiles que de supprimer des institutions. Car si les lois, les décrets et même la Constitution se modifient, les sentiments d’appartenance, eux, ne se décrètent ni ne s’abrogent par des textes. Or – et j’en suis chaque jour davantage convaincu – il existe un sentiment populaire – j’ose le mot – d’appartenance à un ensemble plus grand que la commune et plus petit que la Région. Ce sentiment existe partout en Belgique, mais très certainement en particulier, ici, en Principauté de Liège.

Et que l’on se persuade bien que c’est là un atout majeur, une chance qu’il faut pouvoir saisir.

Car sauf à estimer que des propos auraient été formulés pour les besoins de la cause, il m’a bien semblé entendre de chacun des groupes démocratiques de cette assemblée, notamment à l’occasion de notre dernière séance thématique consacrée à la supracommunalité, et à l’énergie en particulier, que l’avenir de Liège ne se concevait qu’à la taille d’une métropole européenne. Et Liège métropole européenne, ce n’est ni la Région wallonne, ni la Ville de Liège.

A ceux qui estiment dès lors que l’échelon provincial est aujourd’hui obsolète, je demande s’ils estiment aussi pouvoir se passer de l’échelle métropolitaine ? Car si seule l’évocation du terme provincial vous met mal à l’aise, nous pouvons nous accorder sur une réforme du vocabulaire, plutôt que de la Constitution. Paris vaut bien une messe.
A ceux qui ne croient plus en nous, je demande donc de bien vouloir réfléchir à la conséquence sur la construction du grand Liège que nous voulons, de la disparition du seul organe politique qui aujourd’hui rassemble des représentants d’un territoire que l’on travaille précisément à transformer en un ensemble cohérent et structuré, particulièrement sur les plans du développement économique et de la mobilité.

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Ma seconde mise en garde s’adresse par contre à ceux qui, défenseurs invétérés de l’outil provincial, pourraient par leur emportement finir par oublier quels sont les éléments constitutifs de base d’un organe politique.

Ainsi que je viens de vous le dire, je suis avec le groupe MR dans son ensemble convaincu de la nécessité d’agir à l’échelle métropolitaine supracommunale.
Dans ce cadre, nous sommes bien entendu heureux de pouvoir participer à la mise sur pied de la coordination provinciale des pouvoirs locaux, et nous nous réjouissons de pouvoir mesurer les premières réalisations qui en sortiront.

Mais je ne peux aussi vous cacher une inextricable inquiétude. La réforme wallonne de l’institution provinciale est une réforme ratée, il faut oser le dire. Diminuer le nombre de conseillers provinciaux sans réfléchir au mode de composition du conseil ou à son rôle, c’est cosmétique. Cela accroche peut-être une fausse plume à un chapeau ministériel, mais au fond cela ne doit faire rire personne. Car la démocratie a besoin de débats comme de pain, et depuis l’antiquité grecque, c’est sur l’Agora, la place publique, que le débat démocratique se tient.

Dès lors qu’il nous revient aujourd’hui de construire une supracommunalité avec des recettes locales, faute d’avoir pu compter sur l’ingéniosité wallonne, nous devons veiller, avec les moyens du bord, à construire une supracommunalité efficace, mais transparente. Il ne peut être question de sortir du débat public tous les enjeux relatifs aux politiques supracommunales, sous peine de charger une marmite qui finira par exploser. Au fond, il s’agit aujourd’hui d’éviter de tomber dans le piège qui nous a été dressé par les partisans du « Tout à la Région ». Car ils nous ont poussés, et c’est fort bien, à démontrer la vocation métropolitaine de Liège – et nous avons gagné ce débat ! – mais ils ont aussi incidemment conduit à faire rentrer dans les esprits cette idée sournoise et dangereuse selon laquelle, chers Collègues, nous ne serions pas des élus responsables, et qu’au fond nous serions même tout à fait inutiles.

Or il n’y aura pas de supracommunalité concrète s’il n’y a pas d’assemblée publique délibérante. Ne l’oublions jamais.

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Chers collègues, après un budget provincial 2013 de transition, le budget 2014 est solidement ancré sur les rails posés par la majorité provinciale, et le groupe MR s’en félicite.
Si l’heure n’est pas à l’euphorie au regard de la situation économique qui demeure préoccupante, la bonne gestion provinciale va permettre dès cette année d’engager des investissements substantiels sur l’ensemble du territoire provincial tout en préservant la population de toute hausse de la fiscalité. Le groupe MR entend dès lors bien poursuivre cette politique responsable et efficace, qui s’est traduite notamment, sur le plan de la fiscalité, par la suppression de 19 taxes depuis la mise en place de l’actuelle majorité. La hausse des centimes additionnels au précompte immobilier décidée l’année dernière doit donc être replacée dans ce cadre, tout en soulignant que les moyens complémentaires qu’elle a permis d’apporter vont être directement réinvestis dans l’économie provinciale, au travers d’investissements conséquents, que peu de pouvoirs publics ont d’ailleurs aujourd’hui la capacité de pouvoir engager. Le niveau de la fiscalité provinciale fait par ailleurs l’objet d’un monitoring constant, et l’objectif poursuivi demeure celui d’une fiscalité modérée, qui dès que la situation économique le permettra devra reprendre le processus de diminution engagé par l’actuelle majorité.

Au-delà de la maîtrise de la fiscalité, grâce notamment à la diminution sensible de la charge de la dette, à la constitution de réserves au cours des exercices antérieures et à l’équilibre de notre trésorerie, nous sommes aujourd’hui armés pour mener à bien les politiques sur lesquelles la majorité s’est engagée pour la législature 2012-2018.

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Je voudrais à cet égard épingler quelques actions qui nous tiennent à cœur, et qui permettront également de donner écho aux échanges intervenus ces trois derniers jours.
L’action sociale tout d’abord. Il n’y a, Messieurs Rassa et Bergen, pire sourd que celui qui ne veut entendre.

J’ai admiré hier la pondération et les propos circonstanciés apportés par le député provincial président en réponse à vos interpellations sur la sidérurgie et la cristallerie du Val-Saint-Lambert. J’avoue que je n’aurais personnellement sans doute pas gardé la même mesure. Non pas que je ne partage votre émotion. Je la partage entièrement, et sans doute de manière bien plus sincère et désintéressée.

Le groupe libéral qui siège dans cette assemblée est un groupe qui a les pieds sur terre. Nos familles, nos amis, nos militants, et bien entendu nous-mêmes ne vivons pas dans le monde des Bisounours. Vous n’avez pas le monopole de l’indignation : vous avez celui du spectacle.

Car si je vous respecte sincèrement et si j’accepte volontiers de débattre avec vous, je dois bien constater que si vous estimez que je parle pour ne rien dire, je constate manifestement que vous parlez pour ne rien faire, rien proposer, rien construire ! Vos excès et vos outrances servent sans doute bien votre cause, mais j’ai suffisamment foi en l’intelligence humaine pour me convaincre que tout excès finit toujours par devoir être payé.

L’action sociale de la Province, elle, n’est pas outrancière. Souvent dans l’indifférence générale mais avec efficacité et des moyens certainement trop limités mais qu’il a fallu trouver, Katty Firquet travaille inlassablement, comme plusieurs autres libéraux avant elle, au soutien du secteur associatif, à l’aide aux jeunes en difficulté, à la lutte contre le suicide, l’exclusion, les violences intrafamiliales, ou encore à la promotion du talent des personnes handicapées.

La Province attache donc une grande importance à son action sociale et cela n’est pas prêt de changer.

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L’enseignement et la formation sont également pour nous des priorités absolues. Elles ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’action sociale, dont elles constituent le meilleur allié.
Au travers du personnel de l’enseignement provincial à qui je rends ici hommage, ainsi que par le biais des très nombreux investissements immobiliers qui vont être réalisés dès cette année, la formation de nos élèves, étudiants et diplômés se trouvera à nouveau améliorée en Province de Liège, y compris au bénéfice de secteurs confrontés à l’insuffisance des moyens accordés par d’autres niveaux de pouvoir, comme les services de pompiers et de sécurité civile.

En matière de santé, sans doute les efforts de Georges Pire auront-ils été récompensés, dès lors que nous n’avons plus entendu de critiques à l’égard d’un des autres instruments de la politique sociale de la Province, les cars de dépistage, à moins que cela ne soit l’effet de la restructuration permanente de la composition du groupe cdh de cette assemblée…
Quoi qu’il en soit, c’est avec détermination que nous poursuivrons la mise à la disposition du plus grand nombre d’outils permettant une réelle politique de prévention en matière de santé.

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Quant à la culture, je tiens tout d’abord à rendre ici hommage à Paul-Emile Mottard. Le groupe MR lui adresse son entier soutien et ses vœux de prompt rétablissement.
La culture transcende manifestement aujourd’hui tous les secteurs de notre société. Fondée sur les valeurs universelles, elle est appelée de plus en plus à devenir un vecteur d’éducation et d’émancipation. Dans un contexte de crise et de développement des extrêmes, la culture doit donc contribuer à la réflexion individuelle et à l’esprit critique. Qu’il s’agisse de nos artistes plasticiens, de nos musiciens ou acteurs, des institutions culturelles comme le Nouveau Théâtre de Liège, ou des Territoires de la Mémoire avec l’ouverture prochaine de la Cité Miroir, tous sont appelés à défendre et promouvoir une conception libre et ouverte de la culture, indépendamment de tout lobby et résistant avec force aux extrémismes de tous bords.

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Chers collègues, notre Province ne représenterait pas grand-chose si elle était privée du potentiel constitué par ses ressources humaines. Je tiens à cet égard à remercier l’ensemble du personnel provincial pour le travail effectué, notamment dans le cadre de la confection du budget 2014. Si le monde ne s’arrêterait pas de tourner si nous devions perdre encore quelques conseillers provinciaux, le plus farouche opposant à notre institution réfléchirait sans doute plutôt deux fois qu’une avant de se passer de l’administration provinciale.
Cette administration doit toutefois elle aussi évoluer et s’inscrire pleinement dans son temps. Il reste très certainement à cet égard des efforts à accomplir en matière de réorganisation des services, d’utilisation optimale de toutes les compétences et bonnes volontés présentes et de gestion des ressources dans une perspective dynamique et stimulante pour les agents. L’efficacité de l’administration est la meilleure garantie pour son maintien et son développement.

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Chers collègues, la dernière action provinciale que j’épingle est naturellement celle de la supracommunalité, à laquelle j’associe volontairement l’indispensable politique de développement économique. Les projets qui vont être mis en œuvre vont dessiner la métropole liégeoise que j’évoquais tout à l’heure. Aves notre administration provinciale, avec la SPI et toutes les autres intercommunales provinciales, nous avons la possibilité de faire de grandes choses, si ces choses sont faites dans l’intérêt des habitants et dans le respect d’un indispensable partenariat avec nos entreprises et nos entrepreneurs. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Les processus décisionnels vont devoir être affinés. Chacun doit trouver sa place et la démocratie locale s’exercer pleinement. Si le Conseil provincial doit être associé, comme je le disais tout à l’heure, afin de garantir la transparence des débats, la nécessaire efficacité du processus dans lequel nous nous engageons impose aussi de tenir compte des réalités politiques locales, de l’importance et du poids des communes et de la nécessité d’arriver à des décisions faisant l’objet du consensus le plus large possible entre nos différentes familles politiques.

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Chers collègues, la Province de Liège est une province magnifique, pleine de potentiel et de ressources. Cœur de l’Europe, nous avons tout intérêt à développer encore les échanges au sein de l’Euregio Meuse-Rhin. Nos élèves de tous réseaux doivent être incités à sortir des frontières provinciales, à apprendre les langues, et tout simplement à rencontrer et se familiariser avec d’autres traditions et d’autres développements économiques et sociaux.

Si la crise nous a parfois lourdement frappés, il n’y a aucune raison pour que nous ne puissions pas emboiter le pas aux nouvelles perspectives de développement que connaissent des Villes comme Maastricht ou Aachen.

Cessons de pleurer sur notre sort et travaillons avec les hommes et les femmes de bonne volonté.

C’est tout ce qui compte !

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR au conseil provincial

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