Fabian Culot

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Budget provincial 2015 : une situation saine, de nouvelles perspectives s’ouvrent…

Chers collègues,

Le sort en a voulu ainsi : il me revient cette année le plaisir d’ouvrir, et non de conclure, la série d’interventions annuelle des chefs de groupe consacrée à l’examen du budget provincial et à la note de politique générale. Que mes collègues n’imaginent toutefois pas que je serai moins attentif pour la cause à leurs interventions, qui toutes je l’espère reposeront sur les bases de la cordialité mais également de la sincérité.

Chers collègues, il n’est – par les temps qui courent – pas donné à beaucoup d’assemblées politiques représentatives la possibilité de se prononcer sur un budget en boni, où les recettes augmentent davantage que les dépenses.

La Province de Liège jouit d’une situation budgétaire et financière saine, qui lui permet non seulement de poursuivre années après années des politiques ordinaires, au sens budgétaire du terme, mais qui lui permet de surcroît de poursuivre et d’amplifier encore sa politique d’investissements extraordinaires, cette fois au sens budgétaire mais également politique du terme, le tout de surcroît avec un solde de dette à rembourser qui diminue.

Ce résultat, ce n’est pas le fruit d’une conjecture passagère, mais bien l’avantage que l’on peut aujourd’hui tirer d’une rigueur budgétaire et financière à laquelle la majorité s’est astreinte depuis de longues années et qu’il est bien dans nos intentions de poursuivre.

Ce résultat, c’est également le fruit du travail d’une administration de qualité, au sein de laquelle les services de Madame la directrice générale provinciale et de Monsieur le directeur financier provincial travaillent avec compétence et rigueur, et je tiens ici à les en remercier sincèrement.

Sans la situation budgétaire et financière saine dont je parlais, la majorité provinciale ne pourrait en particulier pas programmer comme elle le fait d’importants investissements extraordinaires qui sortiront bien de terre d’ici à la fin de la législature.

Ces investissements, répartis sur l’ensemble du territoire provincial, contribuent non seulement à l’amélioration de notre institution et des services qu’elle rend à la population, mais ils participent également, dès leur mise en chantier, au redressement économique du territoire provincial, dont on ne peut pas méconnaître les difficultés qu’il rencontre sur les plans économique, social, environnemental et culturel.

Ainsi par exemple, implantées en plein cœur d’une Ville sinistrée par la désertion de l’activité sidérurgique, les différentes phases de la construction de la maison de la formation à Seraing apportent à cette ville – que nous sommes quelques-uns dans cette assemblée à bien connaître – une plus-value urbanistique incontestable, une offre de formation bien utile, et une concentration d’emplois bien nécessaire. De la même manière, la rénovation d’importantes infrastructures scolaires dans chacun de nos trois arrondissements améliorera encore notre offre de formation, tandis que les politiques sociales, de la santé, de la culture et des sports ne sont pas en reste, avec les différents investissements programmés que vous connaissez.

A Bavière, Verviers, ou encore Huy-Waremme, les investissements immobiliers consacrés par la Province de Liège participent de manière incontestable à la dynamisation du tissu économique et social local. La Province est là, et si elle n’y était pas, on peut légitimement se demander qui d’autre y serait…

*

L’argent ne tombe toutefois jamais du ciel, et si tous ces investissements apparaissent impossibles, ainsi que je viens de le rappeler, sans la rigueur de la gestion provinciale tout au long de ces dernières années, ces investissements sont tout autant dus à la contribution des citoyens qui peuplent le territoire provincial, ainsi qu’à la solidarité régionale, fédérale et même européenne.
La bonne tenue de notre budget ne peut dès lors nous permettre le moindre écart et le moindre relâchement des efforts de bonne gouvernance et de saine gestion qui, aujourd’hui plus que jamais, doivent animer les responsables politiques.

Cet objectif de saine gestion, le groupe MR entend l’atteindre en veillant à tout le moins au respect de trois axes : le choix des compétences à exercer, la maîtrise des dépenses et la juste fiscalité.

1. S’agissant tout d’abord du choix des compétences

Notre conseil en a longuement débattu au terme de la législature précédente, et à l’unanimité je le rappelle, s’est accordé sur le développement de 5 axes de compétences : le développement scolaire et professionnel, le développement culturel et sportif, la prévention de la santé et l’action sociale, le développement territorial durable et enfin, la supracommunalité et le soutien aux communes.

Le groupe MR n’entend pas que le débat sur ces axes prioritaires soit aujourd’hui relancé, alors qu’il commence à peine à se concrétiser avec notamment l’abandon au profit de la Région des compétences de logement ou de voirie.

San doute, ainsi que l’ont relevé Messieurs José SPITS et Marc HODY, la déclaration de politique régionale contient-elle des passages ambigus sur la volonté exacte du gouvernement wallon quant à l’attribution des compétences provinciales, notamment en matière de logement. Mais jusqu’à preuve du contraire, la Province de Liège a exprimé ses choix et entend s’y tenir, et je ne peux que rejoindre Madame la députée Katty FIRQUET lorsqu’elle nous indiquait hier qu’il n’était pas question à ses yeux de faire rentrer par la fenêtre des compétences que sont sorties par la porte, poussées d’ailleurs par la volonté wallonne.

2. S’agissant ensuite de la maîtrise des dépenses

Il ne nous est pas permis de dépenser sans compter. Chaque subvention doit faire l’objet d’un examen attentif, et les priorités données dans les 5 axes de compétences précités doivent naturellement guider les actions à soutenir.

Quant aux dépenses de personnel, je rappellerais d’abord sans flagornerie que le personnel est d’abord une richesse davantage qu’une charge. Mais dans la mesure où ce poste représente 66,54 % de nos dépenses ordinaires, défendre le personnel c’est aussi veiller à la maîtrise des dépenses qui le concernent. Aussi le projet ENVOL, entamé sous la précédente législature, doit être poursuivi et la modernisation des infrastructures et l’informatisation accentuées. Enfin, la répartition du travail entre les membres du personnel provincial gagnera sans doute encore, ça et là, à être optimisée.

3. S’agissant de la fiscalité

Ainsi que je le disais déjà l’année dernière, le niveau de la fiscalité provinciale doit faire l’objet d’un monitoring constant, et l’objectif poursuivi demeure celui d’une fiscalité modérée, qui dès que la situation économique le permettra devra reprendre le processus de diminution engagé par l’actuelle majorité.

**

Chers collègues, permettez-moi encore d’aborder deux questions, à savoir tout d’abord naturellement la supracommunalité provinciale, avant d’en terminer par un mot sur ce que j’appellerais le cadre politique provincial et les relations – politiques s’entend – que nous pouvons y entretenir.

*

La supracommunalité est au cœur de la déclaration de politique générale déposée par la majorité, et plus généralement même rassemble je le pense – ou l’espère – l’ensemble des groupes politiques démocratiques de cette assemblée.

Il est un fait à présent très certainement acquis que, pour l’heure, cette supracommunalité est « multi-céphale », étant composée des conférences des bourgmestres, de Liège Europe Métropole et de notre Province.

Dans ce schéma complexe, fait d’équilibres politiques et supralocaux, chacun doit prendre ses marques et trouver sa place.
Il me parait que les rôles des conférences des bourgmestres, de Liège Europe Métropole et du Collège provincial commencent peu à peu à se dessiner, et que des projets concrets pourront être présentés dans les prochaines semaines.

J’avoue et je répète que dans ce schéma, le conseil provincial doit quant à lui encore trouver sa place.

Comme je l’évoquais déjà l’année dernière, diminuer le nombre de conseillers provinciaux sans réfléchir au mode de composition du conseil ou à son rôle, c’était et cela reste cosmétique. Car la démocratie a besoin de débats comme de pain, et depuis l’antiquité grecque, c’est sur l’Agora, la place publique, que le débat démocratique se tient.

Je suis et je reste donc convaincu qu’il n’y aura pas de supracommunalité concrète et pérenne s’il n’y a pas d’assemblée publique délibérante.

Aussi, si je ne souhaite évidemment en rien complexifier davantage un débat supracommunal qui l’est déjà suffisamment à ce jour, je me permets de lancer un appel à toutes celles et ceux qui voudraient avec le groupe MR et moi réfléchir à la place du conseil provincial dans ce débat supracommunal, à poursuivre ensemble la réflexion dans un cadre que l’on pourrait convenir.

*

Chers collègues, comme annoncé, je ne terminerais pas cette intervention annuelle sans me réjouir, au fond, de la bonne qualité des relations politiques qui unissent nos différentes formations politiques démocratiques non seulement au sein de ce conseil, mais plus généralement en Province de Liège.

Les conséquences liées aux dernières élections fédérales et régionales ont été aussi surprenantes que parfois violentes. Elles s’imposent naturellement à nous, et chacun est en droit d’en penser ce qu’il veut.

Je pense toutefois que ces événements s’inscrivent dans une logique institutionnelle où le lien entre les autorités régionales et fédérales s’est quelque peu fragilisé, et si l’on mesure sans doute encore difficilement les conséquences exactes de cette fragilisation, nous pouvons déjà être certains que les signaux qui seront donnés à l’avenir par les pouvoirs locaux seront déterminants, sans doute plus audibles qu’avant, et qu’ils serviront le cas échéant même parfois à jouer les arbitres.

Aussi la responsabilité qui pèse sur nous est grande. La Province de Liège ne sortira renforcée de la situation politique actuelle qu’à la condition de se montrer digne, pacifiée et unie. Cela ne veut pas dire que nous ne devons plus débattre, vous me connaissez trop pour savoir que j’aime trop ça, mais cela veut dire en tout cas que celle ou celui qui voudrait porter ici des combats menés là-bas prendrait la responsabilité de fragiliser la défense des intérêts liégeois, et ce au plus grand dam de celles et ceux que nous représentons.

Liège vaut mieux que cela.

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian CULOT
Chef de groupe MR

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