Fabian Culot

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Liège Métropole…en 2037 !

Chers collègues,

Je suis heureux de prendre la parole pour la première fois devant le nouveau conseil de Liège Métropole.

Le projet de budget de l’exercice 2037 que notre conseil s’apprête à voter me réjouit à de nombreux égards.

Depuis plus de vingt ans à présent, l’ensemble des forces politiques démocratiques de notre métropole a travaillé sans relâche à la construction d’une nouvelle démocratie locale, d’un nouveau projet de Ville-région, d’une nouvelle ambition au cœur de l’Europe.

La Belgique a elle-même beaucoup évolué. Avec la suppression des Communautés et la consécration de quatre Régions, nous avons atteint un équilibre institutionnel qui parait aujourd’hui satisfaire chacun, en témoigne d’ailleurs le score des partis nationalistes et indépendantistes qui a été historiquement bas à l’occasion des dernières élections.

Comme vous le savez, le Conseil de Liège Métropole a cette particularité qu’il rassemble des élus en provenance de deux Régions distinctes, dès lors que se réunissent dans cette assemblée tant des représentants provenant de communes de la Région wallonne, que de représentants provenant des communes de la Région germanophone.

Notre conseil métropolitain est donc devenu le cœur de la supracommunalité métropolitaine liégeoise, avec ses conseillers qui proviennent des 54 communes qui composent notre métropole.

Depuis la dernière fusion des communes en effet, le nombre de celles-ci est passé de 84 à 54, ce qui a permis de rationaliser les dépenses, d’optimaliser le fonctionnement des administrations et de répartir plus facilement sur le territoire métropolitain les différents services et infrastructures de service public.

Composé dorénavant pour moitié de représentants désignés par les conseils communaux et pour autre moitié d’élus directs au départ d’une circonscription électorale métropolitiaine unique, plus personne n’oserait aujourd’hui remettre en question la légitimité démocratique de notre conseil métropolitain.

Cette légitimité est d’autant plus forte qu’à l’occasion de certains débats d’intérêt majeur pour l’avenir de notre Métropole, la population est invitée à directement pouvoir s’exprimer au travers d’un vote qu’elle émet de manière électronique, véritable concrétisation d’un système de démocratie participative sécurisé.

La législation relative au cumul des mandats interdisant toujours à un élu du conseil métropolitain de siéger dans une assemblée parlementaire régionale ou fédérale, certains d’entre nous ont renoncé à se présenter encore aux élections législatives régionales et fédérales, préférant siéger au sein de cette assemblée et se consacrer pleinement au développement de Liège Métropole.

Quant à l’ancien cadre associatif de concertation, il a aujourd’hui totalement pu être intégré et remplacé par les organes de Liège Métropole.

Le mois prochain, nous aurons d’ailleurs l’occasion d’échanger nos expériences en la matière à l’occasion de la réunion trimestrielle du conseil de l’Euregio, rassemblant les conseils métropolitains de Liège, Maastricht, Hasselt et Aachen.

*

Mais revenons-en au projet de budget de l’exercice 2037.

Depuis la dernière réforme de la fiscalité locale et métropolitaine, nos ressources sont essentiellement composées :

- Des centimes additionnels au précompte immobilier, calculés sur la base de la révision du revenu cadastral imposée par le parlement wallon aux communes. On avait plus connu pareille révision depuis 1975 !;
- De la dotation régionale aux actions métropolitaines ;
- De la dotation européenne au développement métropolitain eurégional.
- De la taxe provinciale sur l’empreinte environnementale ;
- Et enfin des dividendes en provenance des organismes d’intérêt public métropolitains.

Si les centimes additionnels et les dotations régionales et européennes constituent des sources de financement bien connues depuis plusieurs dizaines d’années, les deux dernières ressources sont plus récentes.

A ses débuts, la taxe provinciale sur l’empreinte environnementale – l’ancienne taxe communale relative aux déchets – n’a pas fait l’unanimité. Ses initiateurs ont été décriés, accusés de vouloir porter atteinte à l’autonomie communale. Mais progressivement, elle s’est imposée et elle a contribué à créer l’appartenance à une même métropole, et la participation à une même avancée vers davantage de responsabilisation et de respect en matière d’environnement.

Liège Métropole s’est quant à elle adaptée aux différentes réalités de consommation et de production de déchets rencontrées sur son territoire. C’est ainsi que la première taxe aux composantes librement choisies par chaque famille vivant dans la métropole a pu voir le jour.

Grâce à un accès numérique personnalisé, chaque citoyen peut modaliser la taxe dont il devra s’acquitter en fonction de ses habitudes de consommation et de production de déchets. Le système de taxation ainsi créé allie les vertus de la centralisation, de l’égalité de traitement, de la responsabilisation individuelle et de la liberté dans les choix et habitudes de consommation.

Quant aux organismes d’intérêt public métropolitains, ils ont connu une grande réforme suite au rachat par Liège Métropole des différentes parts détenues par les communes dans les anciennes intercommunales.

Sept organismes d’intérêt public ont ainsi pu voir le jour :
- Liège Métropole Energie ;
- Liège Métropole Santé ;
- Liège métropole Environnement ;
- Liège Métropole Economie, Industrie et e-Développement ;
- Liège Métropole Mobilité ;
- Liège Métropole Sécurité ;
- Liège Métropole Tourisme et Loisirs.

Si les bénéfices générés par chacun de ces OIP sont prioritairement consacrés aux investissements à réaliser dans chacune de leur sphère de compétences, une décision est adoptée chaque année quant à l’octroi à Liège Métropole de dividendes, lesquels sont ensuite consacrés à la réalisation de projets à vocation métropolitaine, le cas échéant en partenariat avec des investisseurs privés.

*

Le budget 2037 concrétise aussi de grandes évolutions dans le domaine des dépenses.

Deux exemples le démontrent.

Tout d’abord l’enseignement, qui a totalement été réformé. Depuis la suppression des Communautés et le transfert de l’enseignement général vers les Régions, les métropoles wallonnes ont été chargées d’organiser l’enseignement des TIICC, les technologies de l’industrie, de l’information, de la communication et du commerce. Le second choix qu’était souvent l’enseignement technique et professionnel est aujourd’hui tout à fait dernière nous, l’enseignement des TIICC recueillant un succès sans cesse grandissant, et le taux d’échec ayant diminué de manière extraordinaire ces dernières années.

Autre exemple la santé. Depuis la suppression du service des cars après 20 années au cours desquelles ceux-ci ont sillonné nos routes avec l’action Tip-Top – qui a été au demeurant un formidable succès – ils ont définitivement été rangés au garage. C’est dorénavant depuis un centre opérationnel centralisé que toute l’équipe des professionnels de la santé de Liège Métropole se met à la disposition des citoyens. Grâce à un accès numérique personnalisé et la diffusion d’un matériel médical « smart » d’aide au diagnostic au sein de chaque habitation, des conseils personnalisés peuvent être prodigués sans plus avoir besoin de se déplacer.

Liège Métropole est par ailleurs devenu un acteur majeur en matière de mobilité, et ce au travers de l’OIP Liège Métropole Mobilité que je citais il y a un instant.

Propriétaire d’une cinquantaine de navettes fluviales rapides, opérateur du réseau de tram liégeois – dont la ligne 4 va bientôt être inaugurée – et coordinateur du Réseau ferroviaire express liégeois, Liège Métropole Mobilité a véritablement révolutionné la mobilité sur le territoire métropolitain, faisant pleinement entrer nos villes et communes dans l’ère des « Smart cities » et de la mobilité partagée.
Tous ces projets ont nécessité des investissements colossaux, certains sur fonds publics, d’autres dans le cadre de partenariats publics-privés.

Grâce à l’évolution des directives européennes définissant le cadre des marchés publics et le travail de coordination de Liège Métropole, des cahiers des charges améliorés ont pu venir encadrer l’attribution des marchés publics. Le dumping social et l’évasion fiscale autrefois habilement exercés par certains adjudicataires commencent à être un lointain souvenir, et nos entrepreneurs et nos ouvriers ont peu à peu repris leur place de constructeurs de nos cadres de vie.

***

Chers collègues,

Je me réjouis d’être en 2037.

Je sais que les quelques propos que je viens de tenir ont de quoi secouer. Oserais-je même dire que j’espère bien qu’ils vous ont secoués. Il n’y a d’ailleurs vraiment aucun grand projet qui ne soit vraiment grand s’il ne bouscule pas les habitudes, renverse les certitudes, dévie les lignes qui paraissaient tracées.

J’irais jusqu’à dire que certaines de mes réflexions me bousculent moi-même. Car je n’ai aucune certitude de détenir aucune vérité, sinon la certitude que nous devons changer, la conviction que notre modèle démocratique – et celui de la démocratie locale qui nous occupe plus particulièrement ici – ne peut pas simplement se contenter d’évoluer, mais qu’il doit au contraire être repensé.

On part sans doute rarement d’une page blanche quand on rédige un programme politique. Mais à trop s’encombrer de toutes les pages écrites par le passé, on oublie certainement trop que faire de la politique ne se résume pas à gérer l’instant présent et anticiper celui qui le suit immédiatement. C’est aussi prendre le temps de se demander si un tout autre modèle ne gagnerait pas à être imaginé.

Je me permets de lancer les réflexions ici et maintenant. Elles sont le fruit de beaucoup de temps consacré à examiner notre démocratie locale, ses forces et ses faiblesses. Elles sont aussi le fruit de l’expérience supracommunale que nous avons tous, chacun à notre niveau, dans cette assemblée.

Je mesure toutefois bien qu’il n’y a certainement aucun consensus pour adopter mon budget 2037 dès aujourd’hui, ni au sein de vos formations politiques, ni au sein de la mienne. Pour prendre une métaphore automobile, le budget que je vous ai présenté tient pour l’heure plus du concept car que du dernier modèle disponible en show-room.

Mais tout cela tombe plutôt bien, puisqu’il nous reste 20 années avant de l’adopter, ce budget 2037. 20 années pour créer Liège, métropole européenne, au départ d’une part de la Province de Liège – vous noterez que c’est la première fois ce jour que j’utilise ce mot « province » – et d’autre part de ce que l’on appelle aujourd’hui Liège Europe Métropole, le cadre associatif de concertation que nous connaissons tous bien.

En 2011 déjà, un extrait du livre de Jacques Attali « Une brève histoire de l’avenir », était lu à cette tribune à l’occasion d’un conseil provincial spécial consacré à la supracommunalité. Cet extrait je vous le rappelle :

« La Ville sera le principal lieu de vie de l’essentiel de l’humanité. Des centaines de Villes seront plus peuplées qu’une centaine de pays d’aujourd’hui. Alors que plus des deux tiers des humains y vivront, des sommes gigantesques devront être consacrées à leurs infrastructures, la Ville sera le cadre des plus importants investissements collectifs et le premier collecteur d’impôts, c’est là que se concentrera l’essentiel de l’action politique à venir et l’urbanisme y deviendra une science majeure ».

Ainsi que d’aucuns l’avaient souligné alors , ce livre est une prédiction. Une prédiction qui, si elle se réalise, nous impose des changements radicaux. Parce que les Villes, dans leur dimension actuelle, ne peuvent pas répondre à cette prédiction. Les seules Villes qui compteront en Europe, qui s’inscriront sur la carte européenne, seront les Villes qui auront réussi leur mutation avec les Communes périphériques, avec un territoire suffisant pour exprimer une ambition pour l’avenir.

L’exposé des trois préfets français auquel nous avons pu assister la semaine dernière à l’invitation du Grand Liège n’a pu que renforcer notre conviction en la matière.

Chers collègues,

Je vous disais que je me réjouissais d’être en 2037. Pour conclure, je vous dis surtout que j’espère aujourd’hui trouver parmi vous des compagnons pour parcourir cette route, ô combien longue et difficile, mais ô combien passionnante, qui nous y mènera.

Je vous remercie pour votre attention.

Fabian Culot
Chef de groupe MR

Commentaires

Commentaire de Fouarge Jeanine
Posté le 19 octobre 2016 à 21 h 26 min

Liège n’est plus un lieu de vie, même si certains endroits y ressemblent. Poudre aux yeux, mais ce n’est pas la réalité. Il y a de plus en plus de chancres, de moins en moins de commerces, des endroits où nous ne sommes pas en sécurité, y compris dans le centre. Début de la rue St Gilles par exemple. Tout est difficile d’accès pour les personnes handicapées. La navette fluviale pas pour nous.. Le piétonnier .. encore faut il y accéder ! J’ai plein d’exemple ainsi, en effet quand on parle de Tongres, là il fait bon circuler. Liège ne ressemble plus à rien …

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